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                A N T I Q U I T É S DU C O L L E G E DE LA T R I N I T É                                    143

choisir par les Oratoriens pour la confection de l'inventaire de leur
cabinet. C'était une lourde tâche. Le P. Janin nous dit lui-même,
dans un avertissement, en tĂŞte du premier volume, comment il
s'en acquitta. Je le cite textuellement :
   c Le présent inventaire, dit-il, est divisé en trois parties. La
   <
première comprendles antiquités égyptiennes, grecques et romaines,
sçavoir, les divinités, figures, instruments de sacrifices, urnes,
lampes sépulcrales, e t c . . mesurées et décrites au pied de roy.
   « Les pierres gravées, les crystaux, les burgaux figurés, quel-
que boîtes, portraits, etc., avec une échelle à côté de chaque pierre,
désignant sa longueur et largeur.
   « De plus, l'énumération des manuscrits précieux, chinois et
malabares, ensemble les cartes manuscrites de l'histoire de la
Chine, trouvés dans le cabinet avec l'histoire de la Chine imprimée
à Pékin.

   B Cejourd'lwi 24 ventôse, an II de la République etc.
   « Nous Jean-François Bréchet, secrétaire greffier de la Commission révolutionnaire,
en vertu du jugement rendu ce jour, etaccompagné des citoyens Louis Parenthon et
Forest, officiers municipaux, nous nous sommes transportés sur la place de la Liberté,
à 1 heure et demie d'après midi, pour assister à l'exécution qui a été faite sur la dite
place de la Liberté, par l'exécuteur des mandements de justice qui, a sur-le-champ
guilloiiné      Joseph Janin. Après laquelle exécution nous nous sommes retiré, à
l'heure de deuxaprès midi, après avoir rédigé le présent procès verbal.
                                         « Signé      : BRÉCHET, PARENTHON, FOREST. ,»

   La Commission révolutionnaire instituée le 7 frimaire an II, se réunissait deux
fois par jour, le matin de neuf heures Ă  midi, et le soir de sept heuresĂ  neuf. Un
quart d'heure, en moyenne, suffisait pour interroger et juger sept accusés. (Mont-
falcon. — Histoire de Lyon, tome III, p. 1030, note).
   Tout le monde sait que différentes commissions de justice instituées sous la Ter-
reur jugeaient sommairement et rarement avec recours. Mais ce que généralement
on ignore, c'est la prestesse avec laquelle le guiliotineur (terme de l'époque) i, aidé
par son valet, tous deux excellant dans leur horrible métier, malgré l'imperfection de
la machine, exécutaient les malheureux vouésà la peine capitale.
   La note ci-dessus, extraite de XHistoire de Lyon, et le procès-verbal d'exécution
du 24 ventôse an II (14 mars 1791), attestant l'exécution, dans l'espace d'une demi-
heure, de vingt-neuf personnes dont une femme, amènent forcément à établir un
lugubre calcul. La Commission révolutionnaire employait, en moyenne, quinze mi-
nutes pour juger sept accusés ; le bourreau, était encore plus expéditif; dans le même
laps de temps il dépéchait quinze victimes ! Ainsi, on peut sans trop d'exagération,
évaluer à un peu plus de trois minutes le temps du jugement et dell'exécution d'une
personne.
  i Jean Ripet, bourreau avant les premiers troubles de la Révolution, a rempli sans interruption son san-
glant ministère,aidé par son valet 1-VançoU Beraard.lU Curent exécutés à leur tour le 16 avril 1794 (Montfalcott
Histoire de Lyon, tome tll, p. 1020).