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96                     LA REVUE LYONNAISE
   — Et s'il n'ose jamais ?
   Séverine eut un geste qui pouvait signifier : qu'y faire? ce n'est
cependant pas à moi d'aller le chercher.
   — Et tu es absolument décidée à n'épouser que lui?
   — Absolument, dit Séverine.
   —• Tu me diras son nom, au moins?
   —- Tu le sais bien ! murmura Séverine en cachant sa figure dans
le sein de son amie.
   — Oui, lui dit Glotilde, en l'embrassant tendrement, oui, je con-
nais et j'approuve ton choix. M. d'Artannes est un cœur noble et
généreux. Il t'aime profondément, tu l'as bien vu, et tu as raison
de croire que c'est son manque de fortune qui l'empêche de se pro-
noncer. Il ne veut pas s'exposer à voir se joindre à la douleur
d'un refus celle plus amère encore de penser qu'il a pu être accusé
d'un odieux calcul. J'ai essayé de le rassurer sur ce dernier point
en lui disant que son caractère bien connu le mettait au-dessus
de semblables imputations,
     — Et tu as bien fait ! ne put se retenir de s'écrier Séverine.
   — XL d'Artannes, continua Glotilde, m'a remis le soin d'agir pour
lui quand etcomme je voudrais. J'ai eu un moment l'idée déparier
à ton père lorsqu'il est venu me prier de prendre en main la cause
de Fernand Chauret, mais, toute réflexion faite, j'ai préféré me
taire. Je ne savais que trop, hélas ! ce que M. Lefort pouvait repro-
cher à ce pauvre comte. Mais maintenant que je tiens de ta bouche
l'aveu que tu es décidée à n'accepter que lui, maintenant que ton
père en patronnant Chauret prouve que la fortune n'est pas ce qu'il
regarde avant tout, rien ne s'oppose à ce que j'aille le pressentir sur
l'accueil qu'il ferait à M. d'Artannes.
   — Au moins, dit Séverine, faisbien comprendre à mon père que
je suis désolée de la déception que je lui cause en n'agréant pas
 M. Chauret. Mais il veut mon bonheur, je le sais, il te l'a dit ; or
j'aimerais mieux mourir que d'être la femme de ce jeune homme,
  — Surtout, dit Clotilde en ' souriant, depuis que tu connais
M. d'Artannes.
  — Mais non! ne dis pas cela, fit Séverine avec vivacité. Tu
m'a promis, en commençant» de ne pas me trahir. Ne va pas, a