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                  SOUVFJNIIIS DE PONDIGHÉRY                        43


            Vous me demanderez si je suis catholique?
            — Oui... J'aime fort aussi les dieuxLath et Nésu.
            Tarsak et Pimpocaii me semblent sans réplique ;
            Que dites-vous encore de Parabavastu ? »

    Pour se prémunir contre toute surprise, ces dames partagent
 leur dévotion ; elles font des aumônes aux églises et des offrandes
 aux pagodes ; elles se confessent au prêtre, mais elles consultent
 le brahme, et ce dernier est presque toujours le mieux écouté.
    C'est lui qui soigne les malades concurremment avec le médecin,
 tire l'horoscope des enfants et marque à l'épouse les nuits propices
 à l'accomplissement du devoir conjugal.
    Tout près de ma demeure se trouve une maison où sont morts
 dans la même année deux Européens, le premier d'une hépatite,,
 le second d'un coup de soleil. Il n'en fallut pas davantage pour
 que la superstition se donnât carrière. Des bruits étranges se ré-
 pandirent. On avait vu les défunts promener leurs linceuls de
 chambre en chambre, on avait entendu leurs voix montées au
 diapason de la colère. Toutes les nuits, les portes battaient sinis-
 trement et les vitres volaient en éclats, sans qu'il y eut un souffle
 d'air. Pendant plus d'un an, la maison maudite ne trouva pas de
 locataire. Il vient de s'en présenter un, un ancien officier qui ne
 croit pas aux fantômes et considère une balle de pistolet comme
 le plus sûr des exorcismes. Avant de le laisser s'installer, le
 propriétaire a fait faire par un brahme une cérémonie expiatoire
 et conservatrice. On a marmotté des prières, cassé des cocos et
 versé le sang d'une poule noire ; il paraît que les Esprits ne
résistent pas à cela ; pourquoi l'hépatite et la congestion cérébrale
ne sont elles pas d'aussi facile composition ?
    Tout le petit monde de la ville blanche se partage entre trois ou
quatre professions : la magistrature, les ponts et chaussées, le
commissariat de la marine, le commerce. On n'y reste générale-
 ment pas pour y manger sa retraite.
    La magistrature est aussi maigrement payée à Pondichéry
qu'elle l'est largement chez nos voisins les Anglais. Notre procu-
reur général n'a pas les appointements du plus humble de leurs
juges de paix. La mission du magistrat, pour peu qu'on la prenne