page suivante »
VICTOR DE LAPRADE SOI rent? Oui, ce regard peut-être. Mais à cette hauteur où commence l'infini, dans son âme aussi commence l'amour. « Qui m'a parlé plus haut que le glacier géant? » s'est écrié Frantz qui se sent dépouillé de son orgueil comme d'un vêtement usé. Et la voix lui répond : La Cha- rité. Viens, lui redit cette voix des hospitaliers, viens l'ap- prendre avec nous. On ne retrouvera la paix que dans le sacrifice. « L'âme qui sait atteindre à la cime où nous sommes S'y rapproche de Dieu sans s'éloigner des hommes ; Elle est là pour descendre et monter tour à tour, Et, des sommets parés de neige et de bruyères, Elle s'élance au ciel en gerbes de prières Et revient sur la terre en semences d'amour. » Remarquez et retenez cela, que l'amour, l'amour pur, l'amour noble, l'amour élevé, l'amour divin, s'il n'est le premier, est toujours le dernier mot de Victor de Laprade. Sous la glace apparente de cette âme, sous cette froideur mensongère, est un feu qui ne brille pas mais qui brûle. Il existe une marque certaine d'après laquelle on peut juger du cœur d'un homme : la tendresse pour l'enfance. Tout homme qui aime les enfants a le feu immortel, « Sinile parvulos ventre ad me! » Ces paroles si douces ne sont- elles pas du Christ, cet amour jusqu'à la Croix? Eh bien! chose surprenante et singulière peut-être pour ceux qui ne comprennent pas comme nous le poète des Idylles héroïques, dans celle de Frantz, la figure rose et souriante de l'enfant se détache avec une grâce ravissante du tableau champêtre qu'elle illumine. L'enfant est roi parmi nous, Sitôt qu'il respire ;