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426 ÉPIÃRES D'ANGE POTITIEN. de Neptune ou par le souffle impétueux de Borée, ces éclairs effrayans qni sillonnent les nues et qui nous font croire que le ciel va se fendre, tous ces phénomènes enfin • qui nous attestent d'une manière si lumineuse qu'il existe un Dieu, une âme immense qui embrasse tout, qui peut tout, qui gouverne la nature par des lois invariables, qui propage ce grand mouvement universel ; toutes ces con- noissanees, et celle encore de l'immortalité de notre âme, sont les précieuses leçons du chantre de Méonié qui en a le premier rempli toute la terre. Le premier, il a représenté la raison assise dans notre tête comme dans une citadelle dont elle est la maîtresse ; il nous a montré la triste colère dans notre poitrine dont.elle soulève les flots, et la fatale volupté dans nos entrailles qu'elle domine ; il nous décou- vre comment le ressentiment, véritable maladie de l'âme, nous tourmente ; comment la fureur devient en nous une rage rebelle; il nous apprend pourquoi la crainte fait pâlir nos visages, trembler nos genoux, glacer nos cÅ“urs, hérisser nos cheveux ; il nous montre la borne du souverain bien, l'ornière de la justice; l'abyme où l'erreur nous précipite ; il met sous nos yeux tous les ruisseaux de la vertu, le pivot sur lequel roule l'honnête, l'ascendant de la fortune sur les fragiles dons de la vie, le courage de l'homme de bien dans les grands coups du sort, les devoirs du citoyen vertueux, la meilleure force qu'on peut donner aux lois ; il examine si les états deviennent plusilorissans par la guerre que par la paix ; il parle des ruses et des stratagèmes inventés par l'esprit fallacieux des hommes ; il vante le double trésor de la bonne foi et de l'amitié ; il prouve combien la religion est puissante pour civiliser les hommes ; il recommande l'étude des végétaux nécessaires |>our:soulager les inaux de l'humanité souffrante. Homère a fourni tous les sujets du cothurme et même ceux de l'humble brodequin.; C'est à son foyer que s'animèrent les poètes des tendres amours, c'est à ses traits piquants que s'aiguisa l'épigramme, les doigts d'Apelles ont pris