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                        PROST DE ROYER.                          SOI»

et acclamés, et un orateur choisi par le consulat, pro-
nonçait l'oraison doctorale. En souvenir de cette distinc-
tion si flatteuse et si enviée, la ville de Lyon offrait à
l'orateur un présent digne d'elle (1). D'autres honneurs
lui étaient encore rendus. Pour ce jour, le prévôt des
marchands remettait entre ses mains le commandement
militaire de la ville, et l'on jouait au spectacle les pièces
qu'il avait choisies.
   Ce fut à cette cérémonie, en présence de tous les ordres
de la ville assemblés pour installer les nouveaux magis-
trats, que Prost de Royer fit ses débuts. Il prit pour sujet
le gouvernement monarchique, et s'efforça de prouver
l'excellence et la supériorité de ce régime comme le plus
conforme à la nature. Question bien vaste, bien impor-
tante et surtout bien difficile à traiter à une époque où
déjà la philosophie commençait à battre en brèche et à
 saper la base des vieilles institutions françaises. Son dis-
 cours fut très-applaudi, et dès lors on présagea quel grand
 écrivain et quel puissant orateur serait un jour ce jeune
 homi»e.
   A partir de ce moment, Prost de Royer se livra avec
 ardeur à l'exercice de sa profession. Ame droite, et d'une
 dignité remarquable, avant d'accepter la défense d'une
 cause, il s'en faisait d'abord le propre juge. Aussi obte-
 nait-il beaucoup de succès dans les procès qu'il plaidait,
 et, comme l'a dit l'un de ses panégyristes, « sa probité
 « reconnue et son nom seul étaient devenus, dans l'opi-


   (1) Le présent consistait, la plupart du temps, en un objet utile,
tel que tabatière en or, habit brodé ; quelquefois, cependant, la Ville
se bornait à donner une certaine somme d'argent. Ainsi Prost de
Royer reçut, pour l'oraison doctorale, une somme de cent quarante
 livres.
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