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ÉGLISE DE SAINT-SYMPHORIEN-LE-CHATEAU. 227 on prenait le Saint-Sacrement pour le porter aux processions de la Fête-Dieu. La parole sainte était aussi souvent annoncée aux fidèles de ce temps-là ; pendant plus d'un siècle, chaque carême, un prédicateur étranger, quelquefois même un orateur en renom, venait faire entendre les grandes vérités de la religion. La maison où il logeait habituellement, quoique souvent les particuliers tinssent a honneur de lui donner l'hospitalité, a été appelée jusqu'à nos jours la maison des Pères. Une autre fois, c'était la visite, rare eh ces temps-là , de l'archevêque de Lyon, telle que celle de Monseigneur Camille de Neufville, en 1658, qui confirma, dans l'église de Sainl- Symphorien, huit mille personnes. Nos ancêtres aimaient tant à se rapprocher de leur église, que c'était à son ombre et sous ses murs qu'ils prenaient leurs ébats et célébraient leurs réjouissances profanes, dans les fêtes où ils se donnaient un roi, à l'Ascension et à la Saint-Symphorien ; un arbre immense, disparu depuis quel- ques années, abritait les jeux, et l'emplacement qui l'en- tourait porta longtemps le nom de cour des Rois. En outre, l'église, avec son cimetière qui l'environnait de tous côtés, était le rendez-vous au-delà de cette vie : on ne pouvait y entrer, sans rencontrer les restes de ceux qu'on avait perdus. Les générations lointaines, refoulées par les rangs pressés de celles qui venaient prendre leur place, s'entassaient, à l'entrée de l'église, dans un petit bâtiment appelé le Charnier, démoli il y a quelques années : rien n'était dispersé, chaque famille sentait reposer près d'elle, à l'ombre du clocher, les débris de ses devanciers. Et à l'inté- rieur de l'église, le pavé des nefs retraçait sur les pierres tombales toute la généalogie des familles les plus recomman- dables; les grandes familles avaient leur sépulture dans une des nombreuses chapelles : les de Pluvy, dans la chapelle