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470 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON « Il croit qu'il sera du plus grand avantage déplacer une bibliothèque à côté de chaque société populaire. La litté- rature et les sciences doivent s'allier aux vertus civiques, unir leurs travaux et concourir ensemble à la gloire et à la prospérité de la république. « Vous*avez décrété que l'enseignement est libre, il suffit de mettre le génie de la Liberté dans cette grande carrière. « Chaque bibliothèque doit devenir l'école de tous les citoyens , leur présenter le tableau des siècles et des nations, et les agrandir de tous les travaux et de toutes les pensées de l'esprit humain (1 ). » Mais les travaux de triage et de formation de biblio- thèques n'avancèrent guère. On avait d'autres préoccupa- tions, et les hommes, pour faire ces travaux, manquaient. Les anciens bibliothécaires, la plupart, des religieux, avaient péri ou végétaient sur la terre étrangère, — les (1) Lorsque le député Coupé, de l'Oise, eut achevé, à la tribune, sa motion sur la création des Bibliothèques publiques, sur l'alliance de la littérature aux vertus civiques, la mise du génie de la Liberté dans la carrière de l'enseignement désormais libre, la société des Jacobins et la garde nationale, musique en tête, furent admises dans la salle de la Convention, et l'un de ses orateurs, pour donner un échantillon des vertus civiques des vrais patriotes, prononça le dis- cours suivant, dont je ne cite que quelques passages. « Représentants d'un peuple libre, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort légale du tyran. Un si beau jour qui retrace aux âmes républicaines un acte ordonné par la raison et par la nature, eomme le premier pas du bonheur pour l'humanité entière doit être célébré par tout homme qui sait apprécier sa dignité. « La société des Jacobins remplie d'âmes brûlantes pour la liberté, première Divinité du Sage et de l'ami de la nature, a voulu en masse féliciter les vrais montagnards du courage avec lequel ils ont anéanti le monstre qui dévorait le peuple français »