page suivante »
424 ^PITRES D'ANGE POUTIEN. veut, malgré les témoignages de l'antiquité, reculer la guerre de Troie. Le savant Larcher, qui avait fait une si profonde étude de la chronologie d'Hérodote, n'osant pas combattre en face le préjugé commun, plaçait quatre siècles (1) entre Achille et Homère, de façon à rendre, du moins l'époque où furent composés ses poèmes, plus conciliable avec les détails des arts brillants et somptueux d'un luxe très-raffiné, qu'ils nous retracent souvent. Il rejetait ainsi, sans examen, et l'affirmation de Solinus, qui fixe» comme je l'ai dit, la mort d'Homère à la soixante- douzième année qui suivit la prise de Troie, et les détails mêmes fournis par Hérodote, qui nous dépeint l'auteur de l'Odyssée, allant acquérir, sur le vaisseau de Mentes, la connaissance des hommes et des lieux destinés à entrer dans ses tableaux, et, (ce qui est plus saisissant encore), descendant à l'île d'Ithaque où il apprit sur Ulysse beau- coup de particularités. Comment les eût-il apprises au bout de quatre cents ans ? Mais voici que les découvertes modernes viennent donner une bien autre importance à l'affirmation de Solinus, qui rapproche le temps où chanta le poète, de celui où vivaient ses héros. Un savant docteur allemand, M. Schliemanninterroge, en ce moment, les ruines d'Ilion, et Campos ubi Troja fuit ; et ses récentes découvertes viennent démontrer qu'Homère n'a décrit que ce qui exis- tait au temps de Priam, sans avoir à prêter au xm e siècle avant notre ère, les inventions et les progrès du onzième. Les lecteurs qui voudront se faire à cet égard une opinion raisonnee n'auront qu'à recourir aux derniers numéros de la Nature, intéressante revue publiée par M. Tissandier. Je reprends le manuscrit du chanoine de la collégiale de Saint-Paul, à qui nous devons la traduction inédite de cette belle Sylve d'Ange Politien.Son auteur donne ensuite, avec le même intérêt, le tableau de l'Odyssée,— puis, il (I) t2ÎOav. J.-C, la prise de Troie; 884, la raoït d'Homère.