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366 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON
blement du lycée, assurera la conservation du beau
vaisseau de la bibliothèque et pourvoira à son amélioration.
Comprend-on, en effet, qu'on propose, sérieusement, Ã
une ville de renverser l'un de ses plus beaux monuments
et qui lui est cher à tous égards, pour la contraindre Ã
en reconstruire un autre qui coûterait des sommes énor-
mes, alors cependant que sa caisse est à sec, qu'elle sera
besoigneuse encore pendant bien des années, et que l'Etat
lui refuse même de lui rembourser les millions gaspillés
par notre fameux Comité dit de la Défense nationale, si
bien appelé de la Dépense nationale!! !
Et à quoi avancerait l'abandon de là Bibliothèque ? Est-
ce que les cours du Lycée seraient moins humides, moins
tristes ? est-ce qu'il n'y a pas dans ces cours d'énormes
soupiraux de caves infectes qui empoisonnent les enfants
par leurs miasmes ? Que l'Université se résigne donc enfin
h supprimer le pensionnat ! Il n'y a pas d'autre remède au
mal.
La loi du \ \ floréal an X ayant prescrit la création des
Lycées, un arrêté des Consuls du 24 vendémiaire an XI
porta qu'il sera créé un lycée à Lyon, et qu'il sera placé
dans le grand collège. Le 4 pluviôse suivant, par un
arrêté du préfet du Rhône, il fut décidé que la totalité
des bâtiments non aliénés sera mise à la disposition de
la ville de Lyon pour l'établissement du Lycée.
Je ne parlerai pas plus longtemps ici de ce grand éta-
blissement de l'enseignement public, lequel a eu du reste
déjà son historien en la personne de l'un de ses profes-
seurs, M. Rabanis, qui a publié sur ce sujet une intéres-
sante notice, en 1829, dans les Archives du Rhône. Plus
tard, lorsque le gouvernement se prétendit propriétaire des
bâtiments du Lycée, en vertu des lois spoliatrices de la
Révolution, M. Gastine, membre du Conseil municipal,