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RÉUNION DE LYON A LA FRANCE. 297 d'arguments aussi efficaces. L'intérêt de l'Église de Lyon le fit passer sur ce ou'ils avaient de menaçant. Il déclara levée la sentence d'interdiction, les droits de chacun étant réservés. Au milieu de toutes ces négociations, les citoyens ne restaient pas inactifs. Ils firent rédiger, semble-t-il, un acte indiquant les libertés dont ils jouissaient. Cetacte(l), destiné à être remis au roi, se terminait par la prière d'annuler le traité de 1307 (2) (ce qui en pouvait subsis- ter, tout au moins) et de remettre aux Lyonnais les droits de garde que Philippe percevait encore et qui vont devenir inutiles, puisque, disaient-ils, le roi aura mainte- nant toute la juridiction (3). Enfin, après plusieurs enquêtes, informations, arbitra- ges, on s'entendit (4). (1) Rouleau sans date conservé, aux Arch. nat., sous la cole J. 1046, n° 25 (Trésor des Chartes). ( 2 ) . . . Item quod tractalus archidiaconiLugdun. anuUelur ex toto. . . (3) . . . Item quod emolumentum garde amodu non levetur, cum non sit nécessitas ex quo dominus rex habcbit jurisdictionem omnimodam.... C'est ce passage qui nous a porté à rapprocher du traité de 1312 cette pièce non datée. (4) Toutes ces négociations, nous les avons résumées (dans les pages qui précèdent) en analysant les mémoires qui les relatent. Nous avons cru inutile de discuter chacun des arguments, chacune des raisons, chacune des preuves produites de part et d'autre. Nous osons croire que le simple exposé de notre récit, quelque incom- plet qu'il soit, pent suffire à faire apprécier à leur juste valeur les démons- trations auxquelles nous faisons allusion. Nous pensons, surtout, qu'il n'est pas nécessaire de montrer toutes les exagérations, erreurs ou faussetés mises au jour par les agents de Phi- lippe le Bel. En lisant ces longs mémoires tout hérissés de teimes juridi- ques, on se rappelle ce que disait Michelet des légistes : « Ces chevaliers « en droit, ces âmes de plomb et de fer, les Plasian, les Nogarct, les 19