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R0USSTLL0N. 239 corps de logis à deux étages, reliés entre eux par une belle gale- rie ; une grande cour, où l'on pénètre par une porte' monu- mentale, dessert les diverses parties des bâtiments. Le premier étage du corps de logis méridional contient les grands appartements et un magnifique escalier à balustres. Rien autrefois de plus majestueux et de plus gracieux en même temps que ces plafonds aux poutrelles peintes et dorées, dont l'entrecroisement constitue encore d'élégants et riches comparti- ments; que ces cheminées artistement sculptées et où sont représentées les armoiries du cardinal surmontées de son chiffre. On voit ici la chambre de l'Edit, ainsi appelée depuis que Charles IX y signa cet Edit de réformation du calendrier Julien qui fixa au 1er janvier le commencement de l'année, partant jusque-là du 23 mars. L'état de délabrement de ces appartements est pénible à voir ; les peintures sont écaillées, les dorures noircies, les ornements mutilés, les murs dégradés, les boiseries fendues, les planchers effondrés çà et là . Partout du bois de chauffage empilé, des tas de blé et de pommes de terre, des rayons pour la conserve des fruits, des claies pour l'éducation des vers à soie. Au rez-de-chaussée, où sont installées la Mairie et la Justice de paix, se trouvent les salles les mieux conservées ; on admire la hardiesse des voûtes, dont les nervures retombent sur des consoles gracieusement arrondies. Dans l'autre corps de logis, où était la chapelle, il n'y a main- tenant que d'immenses écuries et des greniers à paille et à four- rages. Ses arceaux à plein-cintre lui donnent un aspect floren- tin ; les pierres à bossages de ses lourds piliers offrent des ornements vermiculés, où l'artiste a intercalé le millésime de 1853, époque de son travail. Ce corps de logis est également mutilé d'une façon déplorable ; les angles des piliers sont écornés par le passage des charrettes remisées dans les écuries; leurs cordons et leurs ornements sont détériorés par suite de l'établissement des fourneaux et bassines servant à faire* bouillir et à filer les cocons des vers à soie, et couverts d'une couche de suie produite par la fumée qui s'en exhale.