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 corps de logis à deux étages, reliés entre eux par une belle gale-
 rie ; une grande cour, où l'on pénètre par une porte' monu-
 mentale, dessert les diverses parties des bâtiments.
    Le premier étage du corps de logis méridional contient les
 grands appartements et un magnifique escalier à balustres.
 Rien autrefois de plus majestueux et de plus gracieux en même
 temps que ces plafonds aux poutrelles peintes et dorées, dont
 l'entrecroisement constitue encore d'élégants et riches comparti-
 ments; que ces cheminées artistement sculptées et où sont
 représentées les armoiries du cardinal surmontées de son chiffre.
 On voit ici la chambre de l'Edit, ainsi appelée depuis que
 Charles IX y signa cet Edit de réformation du calendrier Julien
 qui fixa au 1er janvier le commencement de l'année, partant
jusque-là du 23 mars.
    L'état de délabrement de ces appartements est pénible à voir ;
les peintures sont écaillées, les dorures noircies, les ornements
mutilés, les murs dégradés, les boiseries fendues, les planchers
effondrés çà et là. Partout du bois de chauffage empilé, des tas
de blé et de pommes de terre, des rayons pour la conserve
des fruits, des claies pour l'éducation des vers à soie.
    Au rez-de-chaussée, où sont installées la Mairie et la Justice
de paix, se trouvent les salles les mieux conservées ; on admire
la hardiesse des voûtes, dont les nervures retombent sur des
consoles gracieusement arrondies.
    Dans l'autre corps de logis, où était la chapelle, il n'y a main-
tenant que d'immenses écuries et des greniers à paille et à four-
rages. Ses arceaux à plein-cintre lui donnent un aspect floren-
tin ; les pierres à bossages de ses lourds piliers offrent des
ornements vermiculés, où l'artiste a intercalé le millésime de
1853, époque de son travail.
    Ce corps de logis est également mutilé d'une façon déplorable ;
les angles des piliers sont écornés par le passage des charrettes
remisées dans les écuries; leurs cordons et leurs ornements
sont détériorés par suite de l'établissement des fourneaux et
bassines servant à faire* bouillir et à filer les cocons des vers à
soie, et couverts d'une couche de suie produite par la fumée
qui s'en exhale.