Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
S44           LE PAGE DU BARON DES ADRETS.

Beaumont est en avant, au plus fort du péril; ses offi-
ciers l'atteignent et l'entourent; à mesure qu'on est près
des remparts, ils le préservent malgré lui, mais la foule
des huguenots s'engouffre dans ia brèche, des cris se
font entendre; les remparts se dégarnissent, les catho-
liques fuyent et la ville, emportée d'assaut, est livrée à
 toute la fureur d'un ennemi impitoyable.
    Pendant la nuit entière, le massacre et le pillage rem-
plirent la cité de sang et de deuil. Femmes, enfants,
rien ne fut épargné. Ceux qui purent gagner les mon-
tagnes furent en bien petit nombre. Les victimes ne peu-
vent se compter.
    Le lendemain, on reconnut que sept cents hommes
 avaient été tués. Tous appartenaient à la ville. La garnison
 étrangère, composéede six cents mercenaires s'était battue
  mollement et avait peu souffert. La cité prise, elle
  demanda à être incorporée dans l'armée et le baron y
 consentit.
    Au sommet de ia ville, était le château, énorme for-
 teresse, dominée par une tour qui commandait tout le
 pays. Beaumont y monte et suit de l'Å“il le mouvement
 des troupes. A ses pieds la ville vaincue qui s'agite dans
 les derniers râles de l'agonie, au loin quelques fuyards
 poursuivis par des cavaliers. Hors des murs, le camp à
 peine gardé, les soldats étant occupés au pillage ; puis
 dans le lointain de riches villages, facile proie dont se;;
 soldats lui demanderont l'abandon.
    Mais leur prise et leur dévastation retarderont encore
 son retour à Lyon, à Lyon où l'appelle la vengeance ; le
 papisme est abattu, le Forez, son dernier refuge est
 dompté, Montbi ison n'est plus ; Feurs a succombé, pa r-