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LE PAGE DU BARON DES ADRETS. 5'(5 tout l'évangile triomphe ; il est temps, il est permis à celui qui a fait une campagne si heureuse de penser enfin à lui! A lui et surtout à ceux qui l'ont tant fait souffrir. Ce souvenir l'agite ; il faut en finir, hâter l'organisation de la ville et partir ; au moment où il veut descendre de la tour, des cris s'élèvent du château, des clameurs frap- pent son oreille ; un officier paraît devant lui. — Général, les chefs papistes qui n'ont pu fuir s'é- taient réfugiés dans le château. Apprenant que vous étiez dans cette tour, ils allaient y mettre le feu. Nous les avons arrêtés dans leur dessin. Qu'ordonnez-vous ? — Qu'on les fasse monter. Ah! messieurs les papistes, murmura Beaumont pen- dant que l'officier descendait, vous vouliez m'enfumer comme un renard. Vous auriez joué un bon tour aux huguenots si vous les aviez privés de leur chef. Ah ! non ! non! j'ai vu d'autres dangers; ma carrière n'est pas finie. Brûler, ici, au milieu de Montbrison! c'était une belle fin ; mais je suis le plus fort ; il avait raison, celui qui a dit : « Malheur aux vaincus! » il avait raison, et vous aller le voir! Comme il disait, parut sur la terrasse, un prisonnier) l'air noble et fier. Ses mains étaient liées, mais l'ardeur était dans ses yeux. Des soldats le gardaient. — Votre nom ? dit d'un air dur le baron. — Moncelar. — Vous commandiez la ville ? — Je la commandais. — Vous n'avez pas voulu vous rendre et vous alliez mettre le feu au château ?