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           INAUGURATION DE LA STATUE DE PONSARD.




   Dimanche 15 mai 1870 , la ville de Vienne en Dauphiné était en fête.
Elle inaugurait la statue du poète François Ponsard, dont elle est fière à
plusieurs titres.
   Toutes ces fêtes d'inauguration se ressemblent : coups de boîte ou de
canon, cohue, bousculades, lanternes vénitiennes, guirlandes de buis, feux
d'artifice, discours, musique, musique, discours, programme, sans le nom
des acteurs, e t c . . Voilà le bilan ou à peu près.
   Donc, l'antique métropole des Allobroges avait fait un brin de toilette.
Esus,\e grand dieu, qui autrefois tenait lieu aux Gaulois de tous les autres,
était représenté par un soleil splendide. On nous a dit que la patrie du
chef de l'Ecole du bon sens (il est vrai que placer l'esprit avant le bon sens,
c'est placer le superflu avant le nécessaire) avait cru devoir se passer de la
présence du député de Vienne, ancien maire de la ville, et que le prince
Napoléon-Jérôme n'ayant pas vu avec un plaisir excessif cette espèce
d'ostracisme, était tranquillement resté au Palais-Royal en compagnie de
nobles convives. Le prince s'est néanmoins excusé par une lettre qu'a lue
M. Viollet-Leduc.
   Parmi les invités, MM. Emile Augier, Viollet-Leduc, Edouard Thierry,
Michel Lévy, Jules Barbier, Tony Révillon, Edouard Fournier, Feyrnet,
Maillard, Philibert Soupe, Mesdames Agar, Tordeus, Periga.
   Le suffrage universel de la ville de Vienne était représenté par un clerc
de notaire, conseiller municipal, qui le premier a pris la parole. Après lui,
M. Emile Augier a lu une pièce de vers.
   Puis on a écouté, mais sans rien entendre, M. Ducuing, représentant de
la Société des gens de lettres, M. Thierry, directeur du Théâtre-Français
par la lecture d'un long, long discours qu'heureusement l'émotion de ses
souvenirs affectueux ne lui a pas permis d'achever, un M. Laya, avocat au
barreau de Paris, qui a fait de la tribune un véritable tremplin, et a parfai-
 tement jonglé des deux mains avec les immortels principes de 89.
   Des médailles commémoratives ont été distribuées, un banquet a eu lieu
 et la journée s'est terminée : 1° Par une représentation théâtrale, composée
de fragments des œuvres de Ponsard, interprêtés par quelques artistes du
Théâtre-Français ; 2° par toute espèce de malédictions et de vociférations