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190                 LES BEAUX-ARTS A LYON.

tes lui ont été consacrées dans le premier volume de la
Renaissance des arts à la cour de France.
    Jusqu'alors on ne connaissait Corneille de Lyon que par
Brantôme, et on répétait que Corneille avait fait le por-
trait de Catherine de Médicis et de ses filles. Voici le texte
de l'auteur des Dames illustres, racontant une visite faite
par la reine Catherine de Médicis au peintre Corneille :
 o Estant donc en la chambre de ses peintures, nous y vis-
mes cette reyne paroistre peinte très-bien en sa beauté
et en sa perfection, habillée à la française d'un chaperon
avec ses grosses perles et une robe à grandes manches de
toile d'argent fourrées de loup cervier, le tout si bien re-
présenté au vif avec son beau visage qu'il n'y falloit rien
 plus que la parole, ayant ses trois belles filles auprès
 d'elle ; à quoi elle Jprit fort grand plaisir à cette vue et toute
la compagnie qui y estoit s'amusant fort à la contempler,
admirer et louer sa beauté par dessus toutes ; elle même
 s'y ravit en la contemplation si bien qu'elle ne put en reti-
rer ses yeux de dessus, jusques à ce que M. de Nemours
lui vint dire : Madame, je vous trouve bien portraicte et
n'y a rien à dire. Il me semble que vos filles vous portent
 grand honneur car elles ne vont devant vous et ne vous
 surpassent point. Elle lui répondit : mon cousin, je crois
 qu'il vous ressouvient bien du temps, de l'âge et l'habille-
 ment de cette peinture, vous en pouvez bien juger mieux
 que pas un de la compagnie, vous qui m'avez veue ainsi,
 si j'estois estimée telle que vous dites et ri j'ay esté telle
 comme me voilà. »
     « L'étonnement de la reine, observe M. de Laborde (1),
 prouve assez qu'elle n'avait pas posé pour ce portrait
 copié d'après quelque original peint vers \ 550, à l'époque

   (1) Renaissance des arts, I, Tl.