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250 MÉDAILLE LYONNAISE.
autour: Anna régnante, respuhlica Lugdunensis eonflavit,
et de l'autre côte' : Félix fortuna diu exploratum tandem
actulit (1).
Ainsi, monsieur, la permission de frapper cette médaille
d'honneur est accorde'e aux Lyonnais le 26 juillet 1493
(comput royal), cette même médaille est offerte par la Ville
au roi, le 25 mars 1493 (comput municipal).
Autre rapprochement sérieux :
La médaille est autorisée le 26 juillet 1493 (comput royal).
Le roi quitte Lyon pour l'Italie le 29 juillet 1493 (comput
municipal).
Entre ces deux dernières dates, qui semblent se suivre
de trois jours, il y a un énorme intervalle ; elles faisaient
le désespoir de M. Cariier. L'échéance de Pâques n'y peut
rien changer, que je sache.
Toute supposition de faute lourde étant logiquement
récusée de part et d'autre, il reste à constater un écart oe
comput entre le style officiel de la Chancellerie royale et le
style provincial de la commune lyonnaise. Il saute aux
yeux que le comput royal a une avance considérable sur le
comput des auteurs delà médaille, de l'inscription fondamen-
tale du couvent des Cordeliers de l'Observance et de la Chro-
nique du séjour de Charles FUI à Lion sur le Rosne, etc.
Ainsi limitée, la question peut être bientôt résolue.
L'an de grâce, dit de l'incarnation, commençait, au moyen-
âge, pour les uns à la naissance de Jésus-Christ (fête de
]\oël) ; pour d'autres à la résurrection de Jésus (fête de
Pâques) ; enfin pour d'autres à la conception du Messie (fêle
(1) « Aclulit pour allulU » est une singularité de dialecte, sur laquelle il
y aurait à gloser. « Dut exploratum, » LONGTEMPS ATTENDU, est d'une lalinité
bizarre, mais le sens n'en est pas douteux. — Charles VIII avait depuis
longlemps fait espérer aux Lyonnais sa deuxième visite, comme en fait
foi sa lettre autographe datée de Monlils-lcs-Tours, le 7 juin 1493.
P. M.-R.