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                               TIC-TAC.                               63

« enfin !         On m'a traité de fou       et par ma foi ! je me de-
« mande, si je ne le suis pas, tant ce que je vois me paraît
« stupide.
   « Notre Code est, assure-t-on, le plus merveilleux des menu-
et ments élevés par l'intelligence humaine.Rayez donc au fronton
« de l'édifice ces deux caricatures barbares : PRISON PRÉVENTIVE,
« RÉQ(JISITO!RE... Prison préventive ! Tout a été dit contre cette
« erreur de nos institutions. Du réquisitoire, on a moins parlé ;
« vous permettes ? Causons...
  — Mais, fit le procureur impérial.
  —• Soyons indulgents jusqu'à la fin, répartit le président ; l'ac-
cusé sort de la question. Patientiarn habe.
   La Rite reprit :
  « Voilà deux magistrats en présence -, tous les deux élevés à la
« même école, tous les deux imbus des mêmes principes                 Eh
« bien ! parce que maître X est avocat il doit croire et prouver que
« le sieur Z est blanc comme neige ; il le croit sans doute ; n'ap-
« profondissons pas, et il le prouve à sa façon. Parce que Mon-
« sieur Y est procureur, Monsieur Y doit croire et prouver que
« le sieur Z est noir comme charbon           Il le croit, j'en suis per-
te suadé, et le prouve... à sa façon aussi.       Si je n'étais pas fou,
« je vous prierais de me prouver, à moi, comment on peut conci-
« lier tout cela, et la bonne foi avec         Mais je vous entends :
« l'avocat peut récuser la cause; le procureur peut renoncer à
« l'accusation. Comme principe, c'est très-vrai ; comme applica-
« tion, c'est impraticable. L'avocat qui refuserait tout procès vé-
« reux mourrait de faiin. Le procureur qui se désisterait de toute
« accusation douteuse serait destitué. Vous n'en conviendrez
« pas ; mais c'est pourtant de la sorte que vont les choses            Et
« cet antagonisme de deux magistrats , antagonisme inhérent à
« leurs fonctions, me révolte et me semble un reste de vieux er-
» rements.
   « Ali ! Messieurs, est-il digne, est-il généreux, est-il ration-
« nel de donner à un homme le droit de dire à un autre homme,
« avant le verdict du jury : Tu es coupable. Certes, je le sais,
« il faut que la question soit examinée sous toutes ses faces,