Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                                    i-ii
d'une telle exhibition traßnera aux gémonies l'image du traßtre
qui vendit son sang aux ennemis de son pays.
   Timoléon fit vendre comme esclaves, pour leur imprimer
une flétrissure de plus, les statues des tyrans de Syracuse, et
qui sait, car
             Les destins et les Ilots sont changeants,

ce qui serait réservé à la statue du major-général Martin,
né à Lyon et mort au service de l'Angleterre?
   Nous ne savons quels arguments on peut faire valoir pour
défendre la résolution, que nous avons appelée fatale, du
‱20 aoĂ»t 1810, car nous ne pensons pas qu'on s'appuye sur
l'importance de la somme léguée! nous avons prouvé, nous
le croyons du moins, qu'une récompense nationale ne devait
ĂȘtre que le prix de grandes vertus, de grands talents ou de
 grands services et jamais, quelle qu'en fut la quotité, l'échange
d'une somme d'argent.
   En terminant cet article dĂ©jĂ  trop long, nous dirons mĂȘme
 que la pose delà slatue doit avoir lieu sans pompe, sans éclat;
que ce doit ĂȘtre une fĂȘte de famille et non une fĂȘle populaire.
H est des souvenirs qu'il ne faut pas réveiller, il est des situa-
tions qu'il faut savoir accepter. Dans une fĂȘte de famille cir-
conscrite dans les murs de l'Ecole, on ne verra, on ne devra
voir que le bienfaiteur et le bienfait; on pourra se montrer
sobre de discours et d'appareil ; il suffira d'exalter comme
donateur l'homme qui, loin de son pays, et prĂȘt Ă  quitter la vie,
a songé au peuple lyonnais, à ce peuple de travailleurs, dont
i! avait fait partie et qu'il a voulu au-dclĂč du trĂ©pas, faire
participer Ă  sa fortune; et l'on battra des mains et les heu-
reux faits par le général Martin ne connaßtront de lui que sa
munificence. Si, au contraire, on persiste dans la fatale pensée
de 1840, ne devra-t-on pas convoquer à cette cérémonie
tout ce que Lyon renferme d'honorable, de haut placé; parmi