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événements de juillet 1830, ayant refusé de prêter le serment
politique alors exigé, il se vit obligé de se démettre de sa place,
et vint se réfugier à Avignon, puis de là à Orange, dans sa petite
maison blanche située près de la vote Domitia, à quelques
pas et à l'est de l'arc triomphal, et reposant elle-même sur les
restes d'un mur romain. Cette maison, qu'il acheta en 1833 et
qu'il sut convertir en un vrai sanctuaire des arts, appartenait
auparavant à un brocanteur d'antiquités. C'est celle qu'Ar-
taud a léguée, avec une somme de 20,000 fr., à la ville d'O-
range, à condition que l'administration en ferait un musée
public. — Rien de ce qui se rapporte à l'histoire des monu-
ments vauclusiens ne dut lui être étranger : il était parvenu
à connaître pierre à pierre les beaux vestiges antiques de
Nîmes et de Lyon. Il dut aussi étudier et posséder à fond ceux
d'Orange, de Carpentras (1), de Vaîsots, d'Avignon, d'Apt, etc.
On sait qu'il prit le plus grand intérêt à la découverte de la
mosaïque faite à Carpentras en 1823; car le dessin de ce
pavé lui fut transmis par un dessinateur de celle ville, et fait
actuellement partie de la collection du Musée-Calvet à Avignon,
musée dont il fut un des administrateurs les plus zélés et les
plus éclairés, le fondateur l'ayant déjà désigné comme l'un
de ses exécuteurs teslamentaires. On peut voir, dans ce musée,
enlr'aulres objets précieux dus aux soins et à la générosité
d'Artaud, des tissus en or, argent et soie, qu'il domina en 1833
et qui représentent des armoiries; ils sont de la fabrique de
M. Seguin, à Lyon. Arlaud trouva à Apt, chez un marchand
de curiosités, un pied romain antique ayant 12 pouces d'un



  (1) VAlbum    d'Orange (5 juillet 1857) contient un article d'Arlaud, relatif à
une pierre antique, où se trouve ce fragment d'inscription : COL. IVL. MEM.
1IERED. EX.TESTAMENT : celle pierre fut trouvée en 1741 dans un p r é , hors
d'Orange; Artaud prouve que celte inscription faisait partie d'une épitaplie à
la mémoire d'un individu de la colonie Julia des Miminieiis.    Celle pierre se
voit aujourd'hui au Muséc-Calvcl, auquel elle a été cédée par M. Nogent-
Saint Laurens, avocat.