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                         CHAPELLE.

Fort bien! avec esprit le trait est aiguisé.
                        LE   MARQUIS.

Sa farce de Jourdain est d'un homme épuisé,
Qui s'éteint... Franchement, nous prend-il pour des grues,
Avec ces pauvretés à brailler dans les rues :
Ha la ba ba la chou, ba la ba ba la da !
Hô ! vous ne riez pas ?
                          CHAPELLE.

                              Si fait, je ris, ha ha!
                        LE M A R Q U I S .

Kiez. Vit-on jamais des sottises pareilles?
Ha la ba ba la da ! Quel chant pour les oreilles!
Quel aimable refrain ! Ba la ba ba la chou !
Mais riez donc, riez! moi, je ris comme un fou :
                         CHAPELLE.

Je le vois bien, Marquis. Soit dit sans vous déplaire,
Je ne puis rire, moi, que de votre colère.
Oui, vous déguisez mal, sous ce rire forcé,
Que jusqu'au fond du cœur vous vous sentez blessé...
                        LE M A R Q U I S .

Attaquer les marquis!
                         CHAPELLE.

                          J'agirais d'autre sorte,
Moi, si j'étais marquis, George Dandin, n'importe,
Enfin, quelqu'un de ceux que si grotesquement
Molière a dessinés pour notre amusement.
Loin de me plaindre, moi, dévorant mon injure,
J'applaudirais tout haut au portrait, je vous jure,
Pour mieux donner le change, et, s'il m'était permis,
Je dirais que le peintre est fort de mes amis;
Que j'ai pour son mérite une estime profonde...
                        LE   MARQUIS.
Ha la ba ba la chou!
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