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90 sorbe, un peu trop exclusivement, l'attention des géologues, en sorte que le rôle de l'eau peut paraître, jusqu'à un cer- tain point, relégué parmi les causes secondaires. Il importe donc de rappeler que si les explications les plus rationnelles des grands types orographiques sont basées sur la cha- leur centrale, celles qui concernent les formes hydrogra- phiques ne peuvent se passer de l'intervention de l'eau. Les soulèvements seuls ne rendent pas raison du lien intime qui unit les vallées aux bassins ; ils n'ont pu façonner que des con- cavités séparées par des barrières rocheuses; ils ont formé des lacs intervalles par des cascades et non des rivières au cours continu. Les eaux ont dû rompre les entraves que leur opposaient tant de digues, pour produire les ramifications si bien coordonnées des fleuves et de leurs affluents ; de là ces traces d'érosion qui accompagnent, pour ainsi dire, chaque forme de cassure ; de là cette transition imperceptible qui se manifeste entre les structures orographiques et hydrographi- ques; de là , enfin, la nécessité dans laquelle se trouve tout observateur qui lient à faire connaître l'ensemble d'un pays, de signaler les résultats des deux actions dont le concours a produit le relief définitif, sous peine d'être regardé comme n'ayant envisagé qu'un seul des côtés de la question. Telles sont les réflexions qui nous ont été suggérées par les études auxquelles nous nous livrons depuis quelques années sur la configuration spéciale du bassin du Rhône, et pour qu'on ne leur attribue pas une portée trop restreinte, ajou- tons que quelque soit la partie du globe sur laquelle les géo- logues ont passé, les faits sont identiques, en ce sens que par- tout ils ont trouvé des traces d'érosion, ou des effets de déblai ou de remblai assez gigantesques pour être compara- bles aux effets de soulèvement. L'Asie et l'Amérique en offrent des exemples nombreux • en Europe, ils fourmillent dans le bassin de la Seine , dans les