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64 surde le discrédit qui a été jeté sur cet instrument. Le solo joué par cet artiste était une éloquente protestation, le pu- blic s'y est associé par d'unanimes applaudissements. M. Billet nous a fait entendre une fantaisie de sa composition sur des motifs de Don Juan. Il est inutile de dire que l'auteur et l'exé- cutant ont été bien accueillis par le public. Un solo de violon- celle de M. Gilbert, et deux chœurs chantés par les élèves de l'école dirigée par M. Maniquct. complétaient le concert. En résumé, l'auditoire était nombreux, la salle élégante, le concert bien composé ; nous sommes heureux de constater un succès pour le présent, et de pouvoir prédire de nouveaux succès pour l'avenir. Le Cercle musical est sorti honorable- ment de sa première épreuve. Une brillante carrière lui est désormais ouverte. Lyon n'aura plus à envier aux autres villes les avantages d'une société musicale : si cette société, due au zèle de quelques amateurs, n'est pas organisée sur une plus grande échelle, la faute en est à l'administration muni- cipale qui n'a pas voulu l'aider à réaliser un projet plus vaste et plus en rapport avec l'importance de la ville et ses besoins artistiques. Néanmoins, les artistes de passage pourront main- tenant trouver à Lyon une salle de concert convenable; leur talent ne sera plus obligé de demander l'hospitalité à un maître d'hôtel, et d'aller s'établir entre l'office et le labora- toire d'un cuisinier. Une société musicale, en se formant, doit avoir pour but d'aider les arlistes, d'encourager les amateurs, de propager le goût et l'étude delà musique, en favorisant le développe- ment de l'intelligence musicale chez le public. Ce dernier résultat, elle l'atteindra en exécutant les œuvres trop peu connues des grands maîtres des écoles française, allemande et italienne, pour juger il faut pouvoir comparer, et les points de comparaison nous manqueront tant que nous ne connaî- trons que les ouvrages écrits pour la scène. Au Cercle musical