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•M rière, sans faire un pas de moins par crainte de compro- mettre noire dignité. Je démontrerai encore plus clairement que nous ne pouvons empêcher l'itilroduclion de l'opium, et qu'il sera trop tard de songer à une réforme, lorsque le pays sera appauvri et que nous aurons perdu nos richesses » Les marchands Hongs proposent aussi des moyens ingé- nieux et presque enfantins, pour prévenir l'exportation de l'argent, mais ils s'inquiètent peu des fumeurs d'opium. Le gouverneur et le vice-gouverneur de Canton proposent aussi des mesures pour prévenir l'exportation de l'argent. Quant à l'opium qui leur avait sans doute procuré un sommeil voluptueux, ils en prennent la défense. « La vente de l'o- pium ne doit point être un monopole, le commerce trouve lui-même son chemin ; point de droit excessif, point de vexa- tions, point de taxe légale. Le prix tombera de lui-môme si l'opium n'est plus inlioduit secrètement et avec beaucoup de difficultés. Il tant aussi se relâcher sur la défense de cul- tiver l'opium en Chine. L'opium a une propriété calmante, c'est pour cela qu'il est estimé et recherché. 11 n'est dange- reux que par une action plus énergique. On a des renseigne- ments sur la manière dont les étrangers le préparent, ils y mélangent sans douL; quelques substances vénéneuses; les Naturels, dit-on, en obtiennent le suc par coclion, alors il est plus doux et moins nuisible. Four empêcher l'importation, il n'y a d'autre mojeu que d'établir dans l'empire la culture du pavot, et la préparation de l'opium. Puisse seulement la cul- ture du pavot ne pas trop restreindre celle des céréales. » Le conseiller Choo-Tsun, membre du collège des cérémo- nies, est d'un avis opposé. Après avoir mûrement réfléchi, il se tourne à genoux vers l'empereur cl lui dit : « On parle d'é- changer des marchandises pour empêcher l'exportation de l'argent. Mais si on peut empêcher l'exportation de l'argent, pourquoi ne peut-on pas empêcher l'importation de l'opium?