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512 que rien n'arrive sans sa permission. Si une seule foi» l'ange qui a toujours couvert sa sœur de son égide, lui avait tendu la main! mais non, le démon s'acharne après elle, et lorsque réunissant ses forces pour lui échapper elle se jette sur le sol paternel; son père la chasse et la maudit!!! et lorsque n'espérant plus rien de ce monde qui l'a pu- nie d'une faute qui fut aussi celle d'une autre, elle meurt repentante et confiante en la clémence céleste qui absout ce que les hommes condamnent; Dieu la repousse, la voue aux supplices éternels de l'autre vie, après lui avoir infligé les plus cruels de celle-ci!!! Dites, est-ce là la morale du Christ, alors que revêtant une forme humaine pour l'expiation de nos péchés, il nous enseigne le pardon des injures , et nous montre l'enfant prodigue reçu avec joie par son père ? il ne chassa pas la Samaritaine, lorsque reconnaissant en lui un prophète elle le suivit pour écouter ses leçons ; il pardonna à la Made- leine, parceque, disait il, elle s'est repentie et parcequ'il y aura plus de joie au ciel pour un pêcheur qui se repent que pour cent jusles qui persévèrent. Et ne dit-il pas à ceux qui voulaient lapider la femme coupable d'adultère, que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la pre- mière pierre? C'est faire douter de la bonté divine que de nous la mon- trer repoussant le repentir de la femme, qui ayant manquéà la loi écrite, a déjà subi, dès ce monde, la peine due à sa faute. Dans ce siècle où on a rendu vrai cet axiome : « il faut être vertueux pour être heureux, mais il faut être heu- reux pour être vertueux. » il faut au moins nous laisser la croyance que si Dieu permet la faute, il pardonne au repentir. Nous ne croyons pas nous être éloignés de notre sujet en examinant le coté moral de la composition capitale de M. Qrsel, mais nous nous sommes laissés entraîner assez loin, pour que l'espace nous manque pour en parler aujourd'hui sous d'autres rapports. Mlle Jane DUBMSSON.