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faveur de plusieurs particuliers , le patrimoine du Christ est
profané et son domaine n'a plus de possesseur légitime. Ce
que considérant le vénérable chapitre, il agrée la propo-
sition d'un chevalier de l'Eglise , Guillaume de Saléon , qui
s'offre de faire rentrer la propriété de Quincieu sous le do-
maine du chapitre, pourvu qu'on lui en abandonne la jouis-
sance , pendant sa vie.
Au milieu du XVII e siècle, les propriétaires de ce fonds
en redevaient encore l'hommage et le fief au chapitre m é -
tropolitain.
En 1402, 1415., 1424 et 1425., d'autres actes capitulaires
rapportent encore les mêmes faits (1) ; e t , sans les funestes
spoliations des calvinistes , nous eussions pu découvrir une
foule d'autres documents sur cette intéressante portion de
notre histoire. 11 faut croire aussi que nombre d'autres écrits,
relatifs à Saint-Thomas , sont mêlés et confondus parmi nos
archives et ne se retrouveront que dans un remaniement gé-
néral des armoires où on les a pêle-mêle entassés. Mais,
après t o u t , en voilà bien assez pour justifier la vieille tra-
dition de nos pères et confirmer l'assertion du bréviaire
lyonnais.
En effet, comment, si l'on n'admet la venue de Thomas Ã
L y o n , comment expliquer celte dédicace empressée d'une
église; cette somptueuse fondation d'un chapitre en son hon-
neur^ celle légende sur Fourvières , si naïve et si vivement
empreinle de la couleur du temps ? comment expliquer la
munificence du chapitre et la nature de ses dons? Ce ne sont
pas des sommes d'argenl, des présents manuels, des envois
de vêtements, ou d'ornements ecclésiastiques; ce sont deux
maisons, une à la campagne, l'autre dans le cloître capitu-
laire ; celle-ci porta le nom du saint martyr jusqu'au XVII
siècle ( o n la montre encore de nos jouis à l'étranger : c'est
l'hôtel de Chevrières (2) où le tribunal de police correction-
(1) Voir act. capital, cl manuscrits du I'. Builloud p. 54,
(2) Au commeflccnioDl du XVIIe ôiècle, ou rrnail encore sur le grand es-