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des défenseurs-j fermèrent leurs magasins st leurs ateliers.
Ouvriers et commis furent forcés de prendre les armes ; on
les encouragea même en leur donnant une paye de 5 livres
par jour , non en espèces , mais en papier-monnaie portant
pour inscription : Billets de siège obsidionale. (sic.)
L'armée lyonnaise s'organisa en peu de temps. Elle fut
composée de six mille hommes d'élite, et la masse de ses
défenseurs, en g é n é r a l , se montait à trente mille hommes.
Celle armée commença à s'emparer de tous les magasins de
vivres et de munitions appartenant à la république et réser-
vés pour l'armée d'Italie , ainsi que des fonderies de canon.
Le citoyen Fréjean, directeur de l'une de ces fonderies, refusa
j9on ministère et se sauva.
Les troupes destinées contre cette ville, conduites par Du-
bois-Crancé , se présentent sur les hauteurs environnantes ,
et qui dominaient du côté de la Croix-Rousse. Une artillerie
formidable avait été commandée pour ce siège ; par la suite la
levée en masse des départements voisins, eut ses quartiers
autour de Lyon-, qui se trouva bloquée de toutes parts : elle
n'eut de communication de libre que celle des Brotteaux, par
le pont Saint-Clair (le pont Morand). L'opiniâtre résistance
des Lyonnais fit accuser Dubois-Crancé de ménager les assié-
gés (1). On lui adjoignit Couthon , Châteauneuf-Randon, Mai-
g n e t , Laporte et Javogues. Sous ces quatre Montagnards,
le siège prit une nouvelle activité. Les bataillons d'Auvergne
et a u t r e s , appelés à ce siège, redoublent d'efforts à la vue
de cette ville r i c h e , dont on leur promet le pillage. Les
Montagnards , qui n'épargnaient rien pour en venir à leur
b u t , distribuèrent avec profusion les assignats, dont ils diri-
geaient à volonté la fabrication. Danton écrivit à Couthon
qu'il fallait détruire cette ville, que tous les sacrifices d e -
(1) Pendant qu'il dirigeait ce siège , un nommé Servan , aide-de-camp de
Précy , pris dans une sortie , les armes à la main , fut jugé par une cour mar-
tiale , cl condamné à élre fusillé. (iVolede Prud/iomme).