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La fête de la récolte des feuilles de m û r i e r , à l'époque de
l'éclosaison des vers às o i e , est célébrée, tous les a n s , à P e c -
king , par l'impératrice , comme l'est celle du labourage , par
l'empereur (1),
Paulet (2) , prétend que les peuples Seres du Kathaï en Tar-
tarie , furent les premiers qui connurent la soie et l'art de la
tisser. Elle fut appelée Serica , du nom de ces p e u p l e s , vers
l'an 900 avant Jésus-Christ. Mais le P. Kircker soutient que
les Chinois connaissaient la soie plus de huit siècles avant les
Séres. Le mot Sin , selon Navarette (3) , vient de Chin , qui
signifie soie en langue chinoise. Voisius (4) , rapporte que les
Chinois apprirent aux Persans l ' a r t d e filer et de tisser la soie,
et que ceux ci l'enseignèrent aux Grecs de l'expédition d'A-
lexandre dans l'Inde ; mais que cet art y fut négligé et se
perdit.
Saumaise (5) , dit que les premières étoffes de soie qui pa-
rurent en Europe , furent apportées par les lieutenants d'A-
lexandre , à l'époque de la retraite des dix mille.
Cet art s'étendit peu à peu dans tout le midi de la Chine , et
successivement dans l'Inde , la Perse , l'Arménie , puis en
Grèce. La soie est devenue ensuite si commune en Chine , au
Japon, et dans le royaume de Tong-king, qu'il en coûte moins,
pour s'en habiller, qu'avec le drap le plus grossier.
Le Tong-Ring , selon Barow (6) , produit considérablement
de soie. La Perse , l'indouslan et le Mogol en récoltent égale-
ment une énorme quantité. La seule province de Razembazar
en verse annuellement dans le c o m m e r c e , 25000 balles de
100 livres chaque.
(1) De Guignes, voyage en Chine.
(2) Art du fabricant d'étoffes de soie.
(5) Navarcllc , mémoires.
(4) Voisins, de arle et scient, natur.
(5) De Helleiiislicâ.
(6) Barow , Travell-on Tong-King.
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