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 tous les soins qui environnent les pauvres petites créatures
 confiées à la charité publique. Venez avec m o i , suivez cet en-
 fant à son entrée dans l'hospice , voyez avec quelle célérité il
 est tiré du tour au moment où le tintement de la cloche y an-
 nonce sa présence. La perversité qui l'expose veille pour se
couvrir des voiles de la nuit ; mais derrière ces murs veillent
aussi de jeunes sœurs qui vont le recueillir. A l'instant il est
dépouillé des dégoûtants haillons qui le couvrent : son corps
glacé est réchauffé et enveloppé de langes bien propres et
tièdes; ses cris sont appaisés par quelques gouttes d'un lait
réparateur, et bientôt il s'eudort doucement, déposé dans un
petit lit de fer entouré de rideaux qui le protègent : dès que le
jour a l u i , ce même enfant est enregistré, son identité et son
état civil, assurés dans l'espoir que quelques remords , gros-
 sis par le temps , forceront un jour ses parents à le réclamer ;
puis une n o u r r i c e , que l'hospice loge et entretient depuis
plusieurs j o u r s , est là toute prêle qui va lui offrir son sein ;
ou bien un messager, dont une longue expérience a prouvé
le zèle, va le porter à celle qui doit le nourrir et qui l'attend.
     Venez encore, Messieurs , venez dans cette salle si vaste ,
si bien a é r é e , si bien éclairée, où des jalousies vertes tempè-
rent l'éclat de la lumière; voyez comme elle brille de pro-
preté ! Ce n'est point le salon d'un riche, c'est l'asile tempo-
raire des enfants abandonnés, c'est la crèche. L'enfant va par-
t i r , assistez aux préparalifs du départ-, ils se font auprès du
foyer d'un fourneau sur lequel le lait qui abreuve cet enfant
conserve une douce chaleur dans un bain de sable ; de nou-
veaux vêtements lui sont alors donnés : ses membres délicats
sont enveloppés de coton ; un triple bonnet couvre sa tête en
 hiver , et ses langes , multipliés suivant la saison, sont main-
 tenus par une bande qui serre assez pour le protéger de l'air
 extérieur, niais qui reste assez lâche pour laisser à la respi-
ration et à la circulation toute leur liberté. Alors l'enfant est
déposé dans un petit berceau, enveloppé de nouvelles c o u -
vertures , protégé par un linge qui recouvre le berceau lui-