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136 LA REVUE LYONNAISE Rome, mère du christianisme, que la maison de nos Pères, que notre collège étaient là sous mes yeux ! » En 1627, Isaac Lefèvre parlait aussi du collège de la Trinité, dans son livre intitulé Nombre des églises qui sont dans l'enclos et dépendance de la ville de Lyon : « Au bout de la rue Neuve, dit-il, et tout sur le fleuve du Rosne est ce très fameux collège de la Trinité et sa chapelle, où les Muses ont fait retentir, pourtant de siècles, les admirables échos de leurs sciences et sur les ondes de ce fleuve rapide les ont portés par tout le monde. Et, depuis quelque temps, on lebastit avec une telle structure que dans quelque temps on espère le veoir une des merveilles du monde ». Dans le cours de ce siècle, Delandine lui a consacré tout un chapitre dans son Ca- talogue raisonné de la Bibliothèque (Lyon 1812). Péricaud,à son tour, a été charmé du panorama qu'on découvre de la grande bi- bliothèque : « Au delà des longues sinuosités du fleuve et d'une plaine immense de verdure, s'étend un vaste horizon terminé par la chaîne des Alpes et la haute sommité du Mont-Blanc ; et ce magnifi- que paysage, loin d'être un objet de distraction, est plutôt un sou- lagement pour les yeux du lecteur». Gochard, dans sa Description historique de Lyon, publiée en 1817, lui a consacré quelques pages. En 1838, M, Demogeot, professeur au collège, a donné aussi, dans Lyon ancien et moderne, une longue et bonne notice historique sur le collège et ses accessoires, faisant ressortir, avec raison, toutes les gravesdéfectuosités des bâtiments que Isaac Lefèvre avait re- gardés cependant comme « une des merveilles du monde ». Enfin, en 1874, M. LéonCharvet, professeur à l'Ecole nationale des Beaux- Arts de Lyon, dans son remarquable livre sur Etienne Martellange, a consacré à l'ancien collège de la Trinité tout un chapitre dont il a puisé les éléments aux meilleures sources, c'est-à dire dans les anciennes archives du collège conservées aux archives départe- mentales du Rhône. Il va sans dire que Montfalcon a écrit aussi de nombreuses pages, dans son Histoire de Lyon, sur le collège et la bibliothèque delà Trinité, mais sans consulter les archives et en copiant tous les écrivains lyonnais. Aucun de ces auteurs n'a encore parlé, avec détails* de l'an- cien Cabinet des antiques et du medaillier qu'on y admirait autrefois. J'ai donc pensé qu'il y avait là une lacune à combler, et