Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                           BIBLIOGRAPHIE.                  331

   Mais pour proposer ces synchronismes, il faut déjà des-
cendre notablement (1) les dates généralement admises d'a-
près la chronologie sacrée, qui place la naissance de
Moïse en l'an 1575, et l'Exode en 1495. D'autres compu-
tations fournissent des dates encore plus reculées. Aussi,
lorsque M. de Rougé émit le premier l'opinion que Ram-
sès II est le Pharaon dont la fille fit recueillir et élever le
législateur hébreux, il s'éleva de l'autre côté du Détroit de
violentes clameurs contre une prétendue violence faite à
la chronologie biblique. Menephta I n'a pu régner, selon
les plus grandes vraisemblances, antérieurement aux pre-
mières années du xive siècle avant notre ère.
   Aujourd'hui, les objections viennent d'ailleurs, et l'on
cherche à ramener à une époque encore plus récente les
temps de l'Exode, afin de faire coïncider ce grand événe-
nement avec les troubles dans lesquels s'est éteinte la
XIX e dynastie.
   Dans une question de cette nature, il est indispensable de
respecter l'autorité de l'Ecriture sainte, au moins dans les
faits étrangers à l'élément miraculeux. C'est par la Bible
seule que nous connaissons le long séjour des Hébreux en
Egypte, leur développement en un peuple nombreux, leur
sortie d'Egypte et leur établissement dans la terre de
Chanaan. Supprimons la Bible, et il ne nous reste dans les
historiens anciens et sur les monuments égyptiens que des
indications vagues, sans liaison, tout à fait insuffisantes
pour former un canevas historique.
   Voyons donc ce que nous dit la Bible.
    Un nouveau roi, qui ne connaissait pas Joseph, s'élève
 sur l'Egypte ,* il s'effraie de la multiplication des Hébreux
 et prévoit que, des guerres survenant, ces étrangers pour-
 raient se joindre à l'ennemi et s'enfuir de l'Egypte, Monter
 du pays, l'expression est la même dans les textes hébreux
 et les textes égyptiens.

  (1) Ici je copietex tuellement l'ouvrage de M. Chabas.