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                       LE PALAIS SAINT-PIERRE.                        39

dence (1 ) actuelle de l'Ecole lyonnaise et de chercher,
sans retard, le moyen de lui rendre son éclat primitif. Ce
fait regrettable échappe à l'autorité supérieure, absorbée

     (1) Une des causes de la décadence de l'Ecole de Lyon c'est la
 création, à Lyon, d'un trop grand nombre de cours de dessin.
     Le penchant du siècle, poussant à aller vite, sauf à rester dans les
 h peu près, les parents et les élèves om fini par préférer les cours où
 l'on ne travaille que le soir, après la journée de travail gagnée, — et
 deux fois par semaine, — à ceux de l'Ecole des Beaux-Arts, où
 l'élève doit être présent toute la journée et pendant plusieurs années
 consécutives.
    Inconscients de ce fait, les administrateurs ont encouragé, même
 avec les deniers municipaux, des écoles qui forcément ne peuvent
être qu'insuffisantes', et causent un si grave préjudice à la grande pé-
pinière de l'art lyonnais. Et l'on se plaint de ce que le niveau de
l'art ait baissé à Lyon,et de ce que l'École de Saint-Pierre est en déca-
dence ! ! ! Mais on a fait, comme à plaisir, tout ce qu'il fallait pour
lui enlever le plus d'élèves possible.
    En voulant encourager l'art et le vulgariser, en créant des écoles
de dessin dans tous les coins de la ville on a pris, avec de bonnes
intentions sans doute, la mesure la plus propre pour tuer l'art
La vocation artistique ne peut pas se développer et s'affermir dans
ces cours de dessin secondaires, où, ni la méthode d'enseignement
adoptée, ni les images données aux élèves comme modèles, n'ont
une]action suffisante sur 5l'esprit et l'imagination de l'enfant. Le
feu sacré de l'art, le génie, pour se produire, ont besoin, si je peux
m'exprimer ainsi, de vivre dans une atmosphère plus élevée, dans
un milieu où, à toute heure, l'enfant a sous les yeux, sinon les œuf
vres originales des grands maîtres, au moins d'habiles reproduc-
tions, où tout lui parle du beau, du grand, de l'art en un mot, — et
où il peut aussi voir faire ses camarades plus grands et plus avancés
et s'inspirer de leurs travaux, comme des observations de leurs pro-
fesseurs. Ce n'est qu'à cette condition qu'on fera de bons élèves et
qu'on pourra relever le niveau de l'art à Lyon. Tandis qu'aujourd'hui,
avec le regrettable système d'enseignement suivi dans les éeoles et
avec Téparpillement de cet enseignement, combien de natures bien
douées sont allées à la manufacture et au comptoir n'ayant pu jamais