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A MESSIEURS NOS ABONNÉS ET NOS COLLABORATEURS. MESSIEURS , En prenant la direction de la Revue du Lyonnais, nous avons longuement pesé toutes les difficultés de notre entreprise. Nous ne nous sommes fait illusion ni sur nos forces ni sur les embarras de notre position. Soutenir un journal littéraire en province, le rendre in- téressant, faire un choix parmi les matériaux qu'on apporte, insérer des travaux qui plaisent et qui ne blessent aucune opinion, aucune susceptibilité, rejeter ou remettre à un autre temps, sans offenser les auteurs, des articles souvent fort bien faits, mais dont le tour n'est pas venu ou dont l'esprit et les tendances pour- raient froisser quelques lecteurs , est une tâche rude et difficile à laquelle peu réussissent, à en juger par la courte durée des journaux qui se publient dans nos villes les plus littéraires. A Paris, une Revue prend une couleur politique, elle s'adresse à une certaine classe de la so- ciété ; elle rejette tout ce qui n'appartient pas plus ou moins franchement à son parti, et, à l'ombre d'un dra- peau , elle attend tranquillement les abonnés qui lui ar- rivent de la France entière. En province, à Lyon surtout, une Revue ne peut avoir de drapeau; elle doit marcher avec une extrême prudence entre toutes les opinions, ap-