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436 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. une cause, une loi antérieure, à laquelle ils ont donné les noms de force, principe, ou agent vital. Mais ils n'ont point cherché à déterminer la nature, l'essence de cette force ; c'est une abstraction, une inconnue qui résume tous les effets vitaux, sans les expliquer. De plus, les vitalistes ont posé en principe que l'essence de la farce vitale nous serait à jamais inconnue, et qu'en cherchant à pénétrer la nature et le mode d'action de cette force, on ne pourrait jamais arriver qu'à des hypothèses qui détruisaient toute science physiologique. Nous ne saurions trop approuver M. Durand de s'élever contre les préten- tions d'une doctrine qui désespère ainsi de la science physiologique et de ses progrès ultérieurs. Pour M . Durand, le vitalisme n'est pas le dernier mot de la science. Au lieu de se contenter de faire dépendre les phénomènes vitaux d'un principe vital qui n'explique rien, il veut qu'on cherche par voie d'analyse et d'induc- tion si ce principe vital n'est pas lui-même sous la dépendance des lois qui régissent la matière inerte, et ne peut pas être expliqué par elles; il se demande s'il n'existe pas entre les éléments des corps organisés, des collisions matérielles, des actions de composition et de décomposition chimique, etc. qui les placent dans des conditions analogues à celles qui président à la for- mation des phénomènes physiques proprement dits de la matière inerte ; si les manifestations vitales, généralement attribuées à une force, à un agent in- connu et spécial, ne sont pas en réalité sous la dépendance d'une des forces ou d'un des agents déjà connus du monde inorganique. A toutes ces ques- tions d'un si haut intérêt, M. Durand répond par l'affirmative. Si les théories physico-chimiques de certains physiologistes ont répandu de grandes erreurs, il n'est pas moins vrai de dire que la réaction vitaliste a été trop loin, et qu'aujourd'hui, avec les progrès incessants des sciences phy- sique et chimique il n'est plus permis d'assigner un terme aux investigations de l'esprit humain dans le domaine de la vie. Au commencement de ce siècle, un grand événement s'accomplissait dans le monde scientifique ; Volta découvrait qu'en disposant, dans uu certain ordre, des substances hétérogènes, il se développait, par le simple contact de ces substances, de l'électricité qui pouvait donner naissance à une multi- tude de phénomènes. — Les chimistes trouvaient dans la pile leur plus puis- sant moyen d'analyse.—Les physiologistes, à leur tour, se demandèrent si dans le principe des phénomènes électriques produits par la p i l e , c'est-à -dire par le contact de corps hétérogènes, ne résidait pas la cause de la vie. — De toute part on se met à l'œuvre pour chercher les rapports qui peuvent exister entre ce merveilleux instrument et l'organisme vivant; on se demande si cet