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Vous êtes sœurs des Heurs, leurs rivales en grâce ; La fleur qui s'ouvre au jour, sachant que l'aube passe Et ne reviendra jamais plus, Demande à la nature et de partout recueille Rosée, encens, rayons, dans sa coupe de feuille, Vous, prenez toutes les vertus ! Tandis qu'autour de vous l'aube douce flamboie, De bonne heure amassez une moisson de joie, Une moisson pour votre hiver ; Fuyez le vague ennui dont notre âge se vante, El la mélancolie inquiète, énervante, Qui mêle à tout son sel amer. Laissez-vous conseiller par toutes belles choses, Par les soupirs de l'onde et le parfum des roses, L'étoile que Dieu fait briller, Par votre ange gardien, par les bonnes pensées, Par l'inspiration d'un cœur tendre élancées, Enfants ! laissez-vous conseiller ? Ainsi pensant à vous sur le papier je trace Ces, vers; enfants, j'attends en échange, pour grâce, Un souvenir de votre cœur; Car, auprès du seigneur que fléchit l'innocence, L'amitié des enfants nous est une défense, Et leur amour porte bonheur.