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270 MONASTÈRE DES ANNONCIADES. sent définitivement chez elles. Mme Loubat offrit une mai- son et ses dépendances, près des Carmélites; on en acheta une autre avec le jardin qui en relevait, et ce fut là qu'au mois de juillet 1625, avec l'agrément de la comtesse de Che- vrières, l'Ordre naissant alla s'établir. On y bénit, avec les cérémonies accoutumées, l'oratoire du couvent et une grande croix bleue et blanche, qui fut plantée sur le portail de la chapelle. Comme l'Institut des Annonciades avait pris nais- sance en Italie, à Gènes, celles de France n'avaient qu'en ita- lien leurs Règles et leurs livres de cérémonies. La Mère Jean- Bapfiste-Àngèle, Prieure, les traduisit en français, et, le 24- avril 1628, cette version fut approuvée par le comte Mecha- tin de la Fay, grand-vicaire. Le cardinal de Marquemont avait envoyé de Rome, en 1628, des reliques de corps saints, et on les avait déposées dans l'église de Saint-Jean. La comtesse de Chevrières de- manda pour les Annonciades le corps de saint Anastase, pape et martyr. Ce devait être une douce joie, chez ces bonnes Religieuses, de posséder quelques restes de ces dépouilles sa- crées, qu'habitèrent autrefois de sublimes âmes. Après la dé- cision du Chapitre de Saint-Jean, Mme de Chevrières com- manda un beau reliquaire d'argent. Il était en forme d'église : quinze piliers d'argent en soutenaient la voûte, sur laquelle il y avait un crucifix de même mêlai ; l'enlre-doux des pi- liers était fermé avec des cristaux de Venise. Le 17 août, le comte de Cremaux, doyen, MM. de Charmazel et de Me- chatin de la Fay, vicaires-généraux du diocèse, firent placer les reliques dans le reliquaire, et on le porta solennellement au couvent. La fêle du saint martyr se célébrait le 17 avril. Ce fut la même année que, sur les instances du cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon, le pape Urbain VIII pu- blia, en date du 6 novembre, la Bulle qui érigeait en mo- nastère la maison des Annonciades de notre ville.