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      CONSERVATION DE L'ÉNERGIE DANS L'UNIVERS                       305
sulfate de zinc; à cette combinaison correspond un dégagement de
chaleur que l'expérience a déterminé : dans la pile, cette chaleur
se transforme en électricité et devient le courant ; mais ce courant,
s'il n'est utilisé autrement, échauffe le circuit et reparaît sous
forme de chaleur équivalente. Interposons maintenant dans le
circuit un moteur électrique : tant que le moteur ne produit aucun
travail, rien n'est changé à ce qui vient d'être dit, mais dès qu'il
fonctionne et produit du travail, la chaleur du circuit diminue
d'une quantité équivalente. De là une nouvelle méthode pour
déterminer l'équivalent mécanique; elle a fourni à M. Favre le
nombre 444, qui est certainement un peu trop fort.


                                 X


   Nous pourrions ainsi multiplier les exemples à l'infini ; j'exami-
nerai, pour terminer, la suite des transformations qui constituent
les procédés suivis aujourd'hui pour obtenir la lumière électri-
que ; c'est une question d'actualité.
   Une machine à vapeur transforme en force motrice l'énergie
potentielle de la houille, c'est-à-dire la faculté qu'elle a de brûler
en dégageant de la chaleur : réchauffement de l'eau, la transfor-
mation de celle-ci en vapeur ne sont que des intermédiaires pour
obtenir la force motrice nécessaire pour mouvoir une machine élec-
tro-magnétique, celle de Gramme par exemple.
   Cette machine est un second intermédiaire qui transforme la
force électro-motrice en courant; enfin le courant échauffe les
charbons et fait jaillir entre eux l'arc voltaïque.
   Observons, toutefois, qu'il s'en faut de beaucoup que l'énergie
lumineuse ainsi obtenue soit l'équivalent de la chaleur dégagée
dans la combustion du charbon ; elle n'en est même qu'une infime
partie. En effet, une fraction seulement et assez petite de la chaleur
de combustion de la houille est employée à échauffer et à vaporiser
l'eau; le reste échauffe en pure perte (industriellement parlant) les
 corps environnants) se transforme en chaleur rayonnante, est
 entraîné avec les gaz du foyer etc.; de cette fraction de chaleur ab-
 sorbée par l'eau* la machine la plus parfaite ne transforme guère
     AVRIL. 1881. — T. I,                                       20