page suivante »
22 LA R E V U E LYONNAISE
fut délégué par le roi pour installer le parlement de Dijon. A lui est
dû l'achèvement de la cathédrale d'Alhi,pour lequel il fit venir a ses
frais, des ouvriers italiens. Sa générosité ne lui inspira-t-elle pas
le désir d'introduirel'art nouveau dans son diocèse ? on est enclin à le
croire, mais le défaut de preuves ne permet pas l'affirmative. De
Mayence à Albi, Neumeister dut traverser Bâle, Lyon et Toulouse
sans s'yarrêter. Aucune trace de son passage dans ces villes n'est si-
gnalée . Son séjour sur les bords du Tarn ne se prolongea pas au delà de
quatre ou cinq années; les motifs de sondépart nous sont inconnus.
Peut-être fut-il attiré dans notre ville parle cardinal de Bourbon,
archevêque de Lyon, dont il reçut, à peine installé, la mission de
publier le missel de cette église. Amené par ce motif ou par tout
autre, il devait être à Lyon en 1485 ou i 4 8 6 ; car, au courant de
Tannée 1487, il mit au jour le splendide missel in-folio dont la bi-
bliothèque de notre ville peut montrer avec orgueil un triple exem-
plaire, et dont la préparation dut coûter bien près de deux années
de travail. A Lyon, Neumeister a enfin rencontré le lieu où il
doit se fixer. Il ne le quitte plus. On y trouve la trace de son exis,
tence, soit par ses productions typographiques, soit par les men-
tions de son nom éparses dans les rôles d'impositions conservés Ã
nos archives municipales. On le suit jusqu'en 1507; à cette époque
il devait être âgé et voisin du terme de sa carrière.
Je ne sais si je m'abuse, mais dans ces changements de résiden-
ces, j'aperçois les indécisions de l'homme qui cherche à se caser,
qui se rend aux lieux où on l'appelle et qui, après plusieurs essais
infructueux, rencontrant un séjour où s'ouvre à lui un suffisant
espoir de ressources permanentes, s'empresse de renoncer à sa vie
errante et de s'établir dans cette nouvelle patrie. Je ne vois pas
dans ces hésitations faciles à comprendre, l'imprimeur ambulant tel
que veulent le dépeindre certains bibliographes, tel que nous le re-
présente notre auteur lui-même.
J'ai parlé de la présence de Neumeister à Albi et à Lyon, et c'est
là le mérite de l'œuvre de Glaudin, personne avant lui n'avait
soupçonné ce double fait. Cette affirmation absolument vraie, en ce
qui concerne la première de ces deux villes, ne l'est pas moins
pour la seconde, car la découverte du missel d'Uzès, dont nous par-
lerons tout à l'heure, contemporaine du début des recherches de