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306                     LA REVUE LYONNAISE
 que le vingtième en force motrice ; de cette force motrice, une par-
tie assez notable est absorbée parle frottement des divers organes
 de la machine et retourne ainsi à l'état de chaleur, une autre partie
passe dans les trépidations communiquées au sol et aux masses
voisines, une partie même est transformée en son, la machine la
plus parfaite faisant toujours un peu de bruit. La machine électro-
magnétique donne lieu à des pertes analogues, auxquelles il faut
joindre encore celle provenant de réchauffement du circuit par le
courant; le reste produit l'arc voltaïque.


                                 XI

   Enfin cherchons à faire un pas de plus et à remonter jusqu'à
l'origine de cette puissance calorifique du charbon, point de départ
des transformations que nous venons de suivre pas à pas.
   Pendant les longs siècles qui ont précédé l'apparition de l'homme,
des forêts de végétaux gigantesques ont couvert la terre,et consti-
tuent aujourd'hui la houille que nous arrachons péniblement de son
sein ; c'est grâce à la lumière du soleil et sous l'influence de sa
fécondante chaleur que cet(e végétation des premiers âges a pu
naître et s'assimiler les éléments nécessaires à son développement;
c'est l'énergie solaire des temps passés qui réside aujourd'hui, à
l'état potentiel, dans ces vastes amas de combustible, provision
énorme de chaleur, de force motrice et de lumière, base fondamen-
tale aujourd'hui de l'industrie humaine.
   Que nous brûlions cette houille ou le bois de nos forêts, que nous
utilisions pour notre éclairage l'huile des plantes actuelles, les
corps gras fournis par les animaux, le gaz de la houille ou l'arc
voltaïque, c'est toujours l'énergie solaire que nous dépensons, c'est
toujours la lumière du soleil qui nous éclaire.
   Nous ne chercherons pas à suivre la série des métamorphoses qui
ont ainsi accumulé sur notre planète la force vive du soleil ; ce qui
est certain, c'est qu'à travers toutes ces transformations, alors
même qu'elles se sont accomplies avec le concours des phénomènes
vitaux, le principe de l'équivalence et de la conservation de
l'énergie ont été rigoureusement observés.