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178 LA REVUE LYONNAISE injuste d'oublier, parmi les titres d'honneur les plus importants de cette longue carrière, les nombreuses notices insérées dans la con- tinuation de la grande œuvre des Bénédictins. Du tome XX au tome XXVIII on retrouve constamment la main de M. Paulin Paris, et ses importantes notices sur les Chansons de geste (au tome XXII) et sur les Chansonniers (au tome XXIII) mériteraient d'être pu- bliées à part en volumes isolés, et de devenir, sous cette forme plus accessible au public, de précieux modèles de cette vraie scieno française, si conscienscieuse et 'si claire, où la recherche labo- rieuse des documents n'exclul ni l'intérêt de l'exposition ni l'élé- gance de la forme. L'active participation à la rédaction des Mémoires ou aux diver- ses publications de l'Académie n'excluait pas pour le nouveau membre de l'Institut le souci de ses travaux personnels. De 1836 à 1848, M. Paulin Paris a publié, en sept volumes, son grand ouvrage intitulé Les Manuscrits français de la Bibliothèque du roi, t r a - vail de premier ordre qui malheureusement est resté inachevé Une savante édition de la Chanson d'Antioche (1848) continue la tradition de ses études sur nos vieux textes. Peu d'années après, une édition des Historiettes de Tallemant des Réauos (neuf vo- lumes, 1852-1858)nous montre en M.Paulin Paris un érudit aussi profondément versé dans la connaissance de notre dix-septième siècle que dans celle du moyen âge. Le vrai savant ne sait pas, en effet, se cantonner dans un coin d'histoire. Eu approfondissant quel- ques points spéciaux, il s'exerce à élucider les problèmes les plus divers. L'édition de Tallemant des Réaux est un modèle d'étude critique. Le vrai savant aime aussi à répandre autour de lui, à vulgariser comme nous disons aujourd'hui, les trésors de sa science. C'est à cet ordre d'idées que se rapportent trois publications fort curieuses : Les aventures de maître Renard et d'Ysengrin son compère mises en nouveau langage (1861), une traduction semblable de Garin-le-Loherain (1862) elles Romans de la Table-Ronde mis en nouveau langage (1868). Le premier de ces trois livres est une charmante fantaisie de grand-père. Commencé pour amu- ser une petite fille qui voulait savoir comment on faisait des livres, et qui était enchantée d'en posséder un qui eût été fait pour elle, il