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BIBLIOGRAPHIE LYONNAISE AU XV* SIÈCLE 23 l'auteur, a simplement confirmé le résultat auquel il avait été con- duit. Les manuels de la science nous apprenaient bien que de raris- simes volumes portaient, comme indication de leur lieu d'impres- sion, ces mots : Impressuni Albie, mais tous les bibliographes avaient appliqué cette désignation soit à un village de Savoie, Alby, soit à l'Albe d'I-talie, et personne ne s'était imaginé qu'il s'agissait de notre ville française, la capitale du pays albigeois. D'un autre côté, à Lyon, nous connaissions l'imprimeur désigné sous le nom de Jean l'Allemand, de Mayence, signataire du missel de 1487; nous avions aussi remarqué un Jean d'Albi ou d'Arby, plusieurs fois noté dans nosarchives. Aucun de nousn'avaitsoupçonné quecesdiverses appel- lations se rapportaient aune seule et même personne, l'élève et col- laborateur de Gutenberg. A Claudin revient l'honneur d'avoir sou levé ces joiles, et voici commentl'habile investigateur y est parvenu. Les bibliographies mentionnent seulement trois livres impri- més à Albi : 1° Historia septem sapientium ; 2° Epistola Eneœ Sylvii ; 3° Meditationes J. de Turreeremata. En les citant, Brunet les indique comme sortis des presses d'Albi ou Albie, en Savoie. L'abbé Mercier-Saint-Léger, dans une note inédite, en avait signalé un quatrième : Ordo missalis secundum usum ecclesie Romane, impressus Albie. Toute trace de ce pré- cieux volume s'était perdue. Après de minutieuses recherches, Claudin parvint à le découvrir à la bibliothèque Mazarine. Quelle ne fut pas sa surprise en reconnaissant, dans les caractères de ce livre, ceux qui ont servie l'impression du missel lyonnais de 1487, signé de Jean de Mayence! L'imprimeur d'Albi et celui de Lyon n'était donc qu'une même personne, car, dans ces premiers temps, l'imprimeur gravant et fondant lui-même ses lettres, on peut con- clure de l'identité des caractères à l'identité du metteur en œuvre. Mais quel était ce Jean de Mayence ? de quel Albi s'agissait-il ? La seconde de ces deux questions est. bien vite résolue. Il n'est pas question de simples villages ou bourgades, comme le sont tou- tes les autres localités qui, en Savoie, en Italie, en Portugal, en Al- lemagne, ont porté le nom à !Albi, Alby, Albie, Alba, Alva,Elves. C'est Albi sur le Tarn, ville très ancienne, pourvue d'un évêché, dès les premiers siècles du christianisme et par conséquent ayant toujours joui d'une certaine importance. La discussion à laquelle