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380 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON vinces, devenus aujourd'hui d'un prix excessif. Elle était déjà remarquable lorsque la mort l'en sépara. Sou fils, M. le Président Baudrier, reçut de son père sa belle collection de livres qu'il ne dispersa pas, comme le font tant d'autres héritiers qui ont hâte de battre monnaie avec les successions de leurs parents. La bibliothèque de M. Baudrier père, ne pouvait pas échoir à de meilleures mains. M. Baudrier fils, a les goûts distingués de son père. Dès sa jeunesse il n'a cessé d'enrichir sa collection, en la complétant par l'adjonction d'éditions rares recueil- lies suivant la nature des études par lesquelles il a succes- sivement occupé les rares loisirs que lui a laissés une laborieuse carrière. Uniquement préoccupé de la pensée de fonder une chose utile, il a toujours recherché les livres revêtus de leur costume primitif, il a, depuis plus de trente ans qu'il poursuit cette pensée, su aussi s'épargner le remords d'avoir jamais sacrifié une reliure portant le moindre cachet de son époque. En homme judicieux, et bien différent en cela, heureusement, de ces amateurs qui tiennent plus aux maroquins lustrés et dorés signés par un de nos grands relieurs modernes qu'à d'irréprochables échantillons de l'habileté de leurs devanciers, il a laissé à chacun de ses livres son caractère, sa forme et son aspect primitifs ; aussi sa bibliothèque n'offre pas, au premier abord, les séductions que présentent à l'œil tant d'autres collections, comme celles de Mgr le duc d'Aumale, de M. Ambroise-Firmin Didot, ou les anciennes biblio- thèques Yéméniz, Coste et d'autres. Mais lorsqu'on prend, une à une, chacune des perles de cet écrin, de ces dia- mants dont plusieurs sont encore dans leur gangue, comme on admire le goût éclairé qui a présidé à la réu- nion de ces trésors ! Ce n'est pas l'œuvre d'un amateur, d'un riche collectionneur, d'un bibliomane qui a voulu