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                               POÉSIE                            91
Entouré, festoyé, notre nouveau venu,
Comme s'il fût sorti d'un long rêve, aurait pu
Se croire débarqué sur la terre promise.
Mais, ce qu'il désirait pour lui n'était pas là !
Il critiquait ceci, trouvait mauvais cela.
          Le jour suivant, dans une promenade,
Faisant ce qu'on appelle une course au clocher,
     Il arriva sur le pic d'un rocher.
          A ses côtés, son camarade
Lui désignait au loin, sur le bord d'un ruisseau,
          Une riche et fertile plaine,
     Qui s'étendait jusqu'au pied d'un coteau,
Et dont il s'était fait un superbe domaine.

— Mais comment, lui dit-il, d'un air présomptueux,
As-tu donc obtenu ce résultat heureux ?
— En prenant un chemin en tout temps accessible
Pour qui ne prétend pas conquérir l'impossible;
J'y suis venu conduit par la RÉALITÉ.
          A ce mot souvent répété
          Par, un écho du voisinage ;
Il crut voir s'échapper, comme d'un tourbillon,
D'or toute constellée, une brillante image
Qui lui tendait la main        C'était l'ILLUSION
          D'un bond aussi prompt que rapide
          Il s'élança pour la saisir,
     Et, sans l'atteindre, il tomba dans le vide
          Pour n'en plus jamais ressortir.

         Que de gens courent à leur perte
         Se figurant à chaque pas
         Qu'il vont faire la découverte
         D'un trésor.... qui n'existe pas.

                                              STANISLAS CLERC.