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 étage dans deux maisons situées vis a v i s l'une de l'autre, s'ils
 plantent en même temps des cobœas sur leurs fenêtres, ne
 tarderont pas de part et d'autre à voir leurs jeunes tiges at-
teindre le haut de la fenêtre. Il s'agit alors de tendre une corde
d'une fenêtre à l'autre pour que les cobœrs forment au dessus
de la rue une douce alliance de verdure entre un voisin et sa
jolie voisine. Combien d'amours, combien de mariages qui
n'auraient eu pour origine que le cobœa, vont être rompus
à Lyon par suite de la guerre municipale contre les jardins
sur les fenêtres !
  « Mais c'est qu'aussi les jardins sur les fenêtres compromettent
la sûreté des citoyens. La semaine dernière, dans un jour de
grand vent, il pleuvait à Lyon des pots de fleurs. Le proprié-
taire d'un de ces jardins en l'air voyant tomber son pot,s'écria:
 — « Un si beau réséda !       » Ce n'est qu'en second lieu qu'il
 songea à regarder si son réséda n'avait tué personne. Un garde
 municipal passait par là avec son chien ; un petit morceau
 du pot alla ricocher sur le bout de la queue du chien. Le garde
 municipal irrité fit son rapport à M. le maire, et la guerre fut
 aussitôt déclarée à tous les jardins sur les fenêtres. On a bien
raison de dire : les petites causes produisent de grand effets ;
 c'est encore ici la moralité du Verre-d'eau. »
    — Il est des traditions qu'il ne faut jamais laisser s'éteindre,
 et que vraies ou fausses, il importe, au contraire, de perpétuer
comme un utile enseignement pour les générations à venir.
Relevons donc la statue de Jean Cléberg, dit l'Homme de la
roche^ qu'elle ait été ou non, dans le principe, l'effigie de ce
brave Allemand qui acheta par ses bienfaits et ses aumônes
des lettres de naturalisation parmi nous. Conservons le sou-
venir de Jean Cléberg. Jean Cléberg, on le sait, contribua de
sa fortune à la fondation de l'Aumône générale, aujourd'hui
l'hospice de la Charité ; il voulut encore après sa mort faire
bénir sa mémoire, et laissa dans son testament une somme
pour doter chaque année les plus pauvres jeunes filles du
quartier de Bourgneuf. De là celle reconnaissance populaire