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                              S95
 pas des Mont-Cassin, c'est-à-dire des places imprenables.
 Aussi l'Eglise de ce temps eut-elle à gémir des plus affreuses
 spoliations.
     Au pillage des Sarrasins, comme ensuite aux profanations
 des Huguenots, et plus lard à celles de 93, échappèrent une
 foule d'objets précieux et chers à la vénération des fidèles,
 comme ils l'étaient à la science. Ces objets recueillis par
 certaines familles devinrent leur propriété.
    C'étaient là les épaves ramassées sur la grève dans le com-
 mun naufrage, épaves que beaucoup s'adjugèrent par suite de
 la disparition des naufragés. Or, bon nombre de reliques, dans
 ces temps d'orage et de tempête, se dispersèrent, et s'en-
 fouirent dans des oratoires particuliers. Elles servirent à des
 fondations de chapelles, et leur adoration en dehors du culte
 ordinaire devint ensuite peu à peu un objet de spéculation en
 pleine place publique, une fois le calme revenu.
    Dans toutes les vieilles villes, par exemple, on trouve en-
 core de ces restes échappés au grand naufrage de lachrélien-
neté, restes saints que les fabriques n'ont point encore pu
racheter. Les chapelles, les oratoires ont à peu près disparu,
 pour rentrer dans le giron unitaire de l'administration ecclé-
siastique, fêncela la centralisation épiscopale, depuis quelque
temps, a bien assez vite marché; elle gagne du terrain tous
les jours, mais elle a encore du chemin à faire pour atteindre
au bat désiré.
   Espérons néanmoins que toutes ces choses réputées saintes
que l'on expose à la vénération des fidèles hors des lieux
consacrés, et dont on se servait en des temps de persécution,
parce qu'alors on priait bien où l'on pouvait, que toutes ces
choses tenues cachées, n'auront plus d'abord d'autres dépo-
sitaires que les prêtres du culte, auquel elles doivent re-
venir, ce qui évitera non seulement des abus, mais encore
des profanations.