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V.
Toi du hideux malheur victime noble et pure,
Approche et viens te soulager !
Dans ton cœur qui déborde, étouffe le murmure!
Du sort trop rigoureux dont tu souffres l'injure,
Le sort même va te venger !
Comme toi, j'ai passé par une voie austère!....
Au banquet des douleurs docile convié.
Frère! tout comme toi, j'ai bu la coupe amère...,
De la faveur des grands puis-je être tributaire,
Quand je n'ai jamais mendié !
Qu'importe du destin si j'ai subi l'entrave ?
J'oppose à ses rigueurs un cœur libre, un œil fier !
Si je fus enchaîné, je ne suis point esclave,
Et je puis, sans rougir, lever mon front à l'air!
Aux humaines grandeurs ne portons plus envie !...
Laissons, faible ruisseau, s'écouler notre vie !
Tout fleuve à l'Océan doit rendre son tribut....
Frère ! gardons notre onde ignorée et chétive....
Qu'importe un lit plus vaste, une plus vaste rive ?..
Nons courons tous au même but !
Joséphin SOULARY.