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des futilités que l'on prisait si fort pendant les derniers siècles.
L'art héraldique, par exemple, l'une des premières victimes
de la révolution, n'a jamais pu se relever au milieu d'une
société populaire comme la nôtre ; ni les efforts que Napoléon
tenta pour se reconstituer une noblesse à lui, ni le zèle avec
lequel les Bourbons tâchèrent de reprendre les choses au
point où ils les avaient laissées , ni la soif d'honneurs et de
distinctions, qui, après la soif de l'argent, caractérise le
mieux notre époque, rien n'a pu reconstituer en France le
blason déchu, rien n'a pu lui rendre un peu de ce lustre
positif et glorieux dont il avait brillé pendant sept siècles. Un
vent fatal a soufflé sur lui, et le voilà devenu une ruine
comme tant d'autres.
Mais toutes les ruines ne sont point méprisables; ce qui
ne convient plus à tous peut convenir encore à quelques-uns;
et, pour avoir été dédié à un Dieu désormais inutile, un
monument n'en est pas moins précieux à connaître. Sept
cents ans de durée sont un titre, sans doute; les antiquaires
s'attachent bien souvent à des vestiges moins respectables:
Le blason en a d'autres encore ; tout ce qui était grand jadis
lui fut attaché; d'illustres maisons n'avaient souvent pas
d'autres parchemins que leurs armoiries; le courage, la
science, la vertu, le génie dépendaient presque toujours de
lui, ou ne tardaient guère à recevoir sa haute sanction. Pour
nous qui nous en soucions peu, à l'heure présente, sous le
rapport positif, parce que nous sommes bien de notre siècle,
nous professons pour lui un grand respect, respect d'archéo-
logue, cela va sans dire ; et, tant il est vrai que le fond règle
la forme, dès que nous fouillons ces vénérables souvenirs,
nous sentons notre phrase devenir grave, s'arrondir malgré
nous, et notre style emprunter une allure magistralement
empesée aux panégyristes héraldiques.
Nous confesserons donc que le blason, cette science morte,