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moins, que le lectorat ne fut jamais au premier rang. On peut dire, ce
pendant, qu'il avait alors une importance particulière qui le distin-
guait entre les autres : et cette observation est bonne à constater
ici, car elle se lie essentiellement à l'objet des présentes recherches.
En eïïet, cette distinction tenait à ce que les fonctions attribuées Ã
cet ordre, exigeaient de toute nécessité un degré d'instruction litté-
raire, qui n'était pas un besoin aussi rigoureux pour les fonctions
des autres grades inférieurs de la clericature. Cette nécessité était
déjà bien reconnue à la fin du quatrième siècle; et c'est ainsi qu'il
faut entendre ce que nous avons vu plus haut dans le canon du con-
cile de Carthage relatif à l'ordination des lecteurs : Faciat de illa
verbum episcopus ad plebem, indicans ejus ingenium. Plus tard
on trouverait ailleurs quelques données plus positives sur les con-
naissances requises pour l'admission à cet ordre, notamment chez
saint Isidore de Séville, lorsqu'il dit : Qui autem ad hujusmodi
provehitur gradum, iste erit doctrina et libris imbutus, sensuum-
que ac verborum scientia perornatus etc. (1).
Tout jeunes qu'ils étaient, il paraît que les lecteurs étaient, en ef-
fet, pourvus communément de l'instruction grammaticale, littéraire
et religieuse qu'on pouvait désirer, et souvent même de connais-
sances beaucoup plus complètes. On a vu déjà que plusieurs hommes
de mérite qui brillèrent dans l'Eglise avaient été formés dans l'ordre
des lecteurs; et l'histoire de ces premiers siècles chrétiens pourrait
en fournir encore bien d'autres exemples. Je me borne à citer saint
Augustin, qui nous donne une assez haute idée des études par les-
quelles de jeunes enfants étaient préparés au lectorat, lorsqu'il dit
de ceux qui répandaieut des écrits supposés sous les noms des Apô-
tres : In qua fallacissima audacia sic excÅ“cati sunt, ut etiam Ã
pueris qui adhuc pueriliter in gradu lectorum christianas litteras
norunt, merito rideantur (2).
Pour donner à ces jeunes clercs l'instruction nécessaire, il est
bien naturel de supposer qu'il exista de fort bonne heure dans l'E-
glise des écoles destinées à leurs études, comme était celle que notre
(5) De ecclesiast. qffic., II, 11.
(4) De consensuEvangel.l, 15; Op., lom. III, part. 2, col. 8,.