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            MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE DE LYON                        391
   Aussi, la notice de M. Heinrich, par l'émotion communicative
qui l'anime, fait-elle bien comprendre tout à la fois l'enthousiasme
des adeptes de vingt ans qui puisaient à cette source limpide et pro-
fonde le premier apaisement de leur soif intellectuelle, le respect
sans bornes et l'admiration raisonnée des hommes mûrs, entin le
souvenir attendri et reconnaissant de ceux qui vieillissent, parlant
encore avec joie de cet enseignement lointain, éclosion et charme
de leur esprit en sa fleur.
   Le médaillon de bronze enchâssé dans un pilier de l'église
du lycée de Lyon est un faible témoignage de la piété filiale de
quelques-uns seulement de ces élèves. Il eût été facile, même sans
faire un appel public à la reconnaissance de tous, d'ériger dans la
cour du lycée un buste au-dessous duquel on aurait lu, avec le
nom vénéré de l'abbé Noirot, le souvenir de ses vertus et de ses
bienfaits. Cela eût été pour les jeunes générations comme un
mémento perpétuel de respect et de gralitude. A défaut de monu-
ment visible, soyons reconnaissants de l'Å“uvre magistrale que
M. Heinrich a consacrée à la mémoire du philosophe chrétien ; elle
rappellera une renommée qui, sans lui, risquerait de périr, et que
nos arrière-neveux retrouveront dans nos archives, quand les
plaques de bronze ou les bustes de marbre auraient disparu.

   Et maintenant que ma tâche est terminée, il me reste à m'excu-
ser d'avoir consacré tant de pages à un simple compte rendu. Les
excuses ne me manquent pas : il m'a paru convenable que les
Mémoires de l'Académie, qui ne sont point livrés au grand p u -
blic, soient analysés d'une manière complète ; l'Académie de Lyon,
la plus ancienne, la plus honorée et la plus brillante de nos so-
ciétés savantes, méritait à ce titre notre respectueuse attention.
Enfin les travaux si divers, si difficiles parfois à résumer en quel-
ques mots, intéressent tout particulièrement les Lyonnais, tant par
le choix des sujets que par le nom des auteurs. — Il m'est donc
permis de croire que le développement de cet article ne sera pas
trop sévèrement blâmé et de réclamer au besoin de l'indulgence
des lecteurs l'admission des circonstances atténuantes.
                                             Joseph G A R I N .