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                         BALTHAZARD DE VILLARS                    245

   ce sujet, les consuls de Vienne écrivirent à ceux de Lyon : « Nous
  avons entendu qu'on a, par vostre commandement, dict à M. le
  lieutenant de Villars qu'il ne sortît pas de sa maison, sous peine
  d'estre prisonnier, chose qui nous a grandement attristés, à l'occa-
  sion de Monseigneur nostre archevesque, son frère, sans lequel
  chacun sçait bien que nostre ville ne serait point en Testât qu'elle
  est pour les gens de bien. Ceste nouvelle ne peut qu'incommoder
  debeaucoup les affaires, s'il ne vous plaist y remédier, comme vous
  le pouvez facilement et nous vous en supplions de tout nostre cœur
  par la présente que nous vous envoyons par messager exprès....
 Vienne, ce 8 mars 1589. Signé, Savignieu 1 ». Ainsi que la majeure
 partie du clergé français, Pierre V tenait pour l'Union ; aussi le
 consulat lyonnais ne fait aucune difficulté pour lui envoyer Baltha-
 zard à prêcher et à convertir. « Nous désirerions que Monsieur
 vostre frère eust toujours préféré à l'Estat, l'honneur de Dieu et
 l'advaneement de la foy et religion catholique , apostolique et
 romaine, et que ses desportements et parolles eussent respondu à ce
 que nous croyons qu'il a dans le cœur, quant à sa religion et à sa
 foy de laquelle nous ne doubtons pas; car nous n'eussions été coiv
 traincts, commenous l'avons esté, par tous ceulx de nos concitoyens
qui ont quelque bon et sain jugement, de lui interdire l'issue de sa
maison; ce que nous avons faict plus pour le conserver contre les
attentats du peuple mal édiffié de ses paroles, que pour malvoulente
que l'on aye contre luy; n'y ayant celuy de nous en particulier qui
ne luy voulait faire plaisir et service, tant pour le rang qu'il tient
en cette ville, duquel il est très digne, que pour la considération du
zèle et affection que vous avez toujours eus de la dite religion ca-
tholique, manutention et propagation d'icelle, en raison de quoy
nous luy avons librement accordé de pouvoir vous aller trouver et
y faire séjour jusques à tant qu'il aura pieu à Dieu nous réunir tous
en une même bergerie.., Lyon, ce 9 mars 1589 2 ». L'archevêque ré-
pond au consulat : « Je vous mercie très affectueusement de ce qu'il
vous a pieu permettre à mon frère de me venir voir, lequel ne sera
jamais autre que très bon catholique et amateur de sa patrie, quoy
qu'on ait dict et escript de luy... Vienne, ce 10 mars 1589. Signé,
 1
     Archives de la ville de Lyon, Notes de l'abbé de Sudan.
 2 Td.